SETH PRICE : « ANIMATION STUDIO » CHEZ CHANTAL CROUSEL

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Seth Price “Animation Studio” / Galerie Chantal Crousel, Paris / Jusqu’au 6 décembre 2014.

Pour sa deuxième exposition à la Galerie Chantal Crousel, Seth Price poursuit son travail présenté à l’occasion de la dOCUMENTA 13 (2012), autour des motifs de sécurité d’enveloppes afin d’examiner les questionnements propres aux notions d’intérieur et d’extérieur, au pli et la planéité, à la communication et la dissimulation. Deux ensembles d’oeuvres distincts, mais néanmoins liés, sont présentés à la galerie.

Un premier ensemble d’oeuvres sur contreplaqué recouvert d’un mélange de pâte polymère et de pigments puis sérigraphiées, créent des images en trompe-l’oeil d’enveloppes pliées. Le contreplaqué, le papier, l’enveloppe incarnent le paradoxe d’être des « dérivés du bois ». Elément fondamental de la nature, le bois est ici sujet à des transformations industrielles afin d’améliorer les rendements même des différentes strates de notre société moderne : le contreplaqué, matériau basique mais fondamental à la construction ; le papier, terrain vague de l’écriture ou de l’information imprimée ; et les enveloppes, contenants dissimulant l’information par le biais des circuits du capital et de la culture.

L’intérieur de ces enveloppes est habituellement imprimé de motifs de sécurité, dans le but de garantir l’opacité de leur contenu. Les enveloppes de Seth Price ne font preuve d’aucun contenu ni intérieur ; leurs surfaces photoréalistes comportent au contraire des blancs abstraits, exempts de message ou motif.

On retrouve dans le second ensemble d’oeuvres, le graphisme de ces motifs de sécurité : Des photographies grands formats, imprimées sur des panneaux de fibre de bois et montées sur cadre en noyer et acajou, rappellent dans leur forme les enveloppes mais aussi les écrans d’ordinateur. Seth Price crée lui-même ces motifs, dans certains cas, similaires aux intérieurs d’enveloppes traditionnelles et parfois inspirés de logos existants. L’artiste reprend ainsi le logo de Dropbox, dont le stockage en ligne incarne un nouveau système d’envoi d’information ; Corbis, accordant une licence à la circulation numérique de l’art, d’illustration, et de l’imagerie presse ; Pixar, studio ayant contribué plus que n’importe quel autre à redéfinir le cinéma comme médium d’animation numérique.Cet ensemble d’oeuvres témoigne des effets des divers moyens de communications contemporains : actifs mais cependant statiques, beaux mais assourdissants, répétitifs jusqu’à l’engourdissement, remplissant notre champ visuel au point de l’écroulement.

Le titre Animation Studio fait référence aux studios Pixar ou Disney, qui ne cessent de créer l’illusion de profondeur et de volume à la surface plane des écrans. Seth Price reprend ce principe au travers d’un mécanisme de pliage et d’assemblage du papier permettant à la feuille de devenir une enveloppe : ainsi une feuille 2D est traitée afin qu’elle fonctionne comme un contenant 3D. Au même titre que le studio d’animation crée l’illusion par le traitement numérique – le spectateur anime les pièces disparates d’une oeuvre d’art ou d’une exposition, révélant ainsi un compréhension complexe d’un groupe d’objets et d’images muettes.

With his second show at Galerie Chantal Crousel, Seth Price continues to develop the body of works he debuted at dOCUMENTA (13) and has explored over the past two years, in which the motif of a standard business envelope is used to explore questions of inside and outside, folding and flatness, communication and concealment.

On display at the gallery are two distinct but related bodies of work. Price’s envelope pieces employ hand modeled and pigmented polymer surfaces and screen-printing to create trompe-l’oeil images of torn envelopes on rough plywood. A piece of plywood, a piece of paper, an envelope: all embody the contradiction of being “wood products.” Wood is practically the very sign of organic nature, but in these products it has been subjected to industrial processing in order to yield some of the building blocks of contemporary society: plywood, the lowest and most fundamental of construction materials; paper, the empty ground for written or printed information; and envelopes, the containers that have traditionally disseminated information through the circuits of capital and culture.

The insides of business envelopes are normally printed with security patterns, all-over designs or logos printed so as to obscure the contents. Price’s envelopes have no contents and no insides; their photorealistic surfaces instead contain abstract blanks, devoid of message or pattern.

The envelopes’ interior patterns have been displaced to the second body of work on show here: large-scale photographic pieces, printed on wood-fiber veneer and mounted in rich walnut and mahogany frames. In shape and format these works are reminiscent of both business envelopes and computer screens. Price has produced all of the imagery himself, although it draws on existing motifs. Some works feature abstract designs based on traditional security patterns, while others feature the logos of modern corporations, including Dropbox, whose cloud storage service embodies our new postal and messaging system; Corbis, which licenses the digital circulation of art, illustration, and news imagery; and Pixar, the film studio which more than any other has helped to redefine cinema as a medium of digital animation. Taken collectively, the nine patterned works offer a photographic portrait of the life of information today: busy yet static, beautiful yet deadening, numbingly repetitive, filling our visual field to the point of collapse.

The exhibition title “Animation Studio” refers to the work of firms like Pixar and Disney, which seek to create an illusion of depth and volume on flat surfaces like screens. For Price, this activity evokes the mechanism of folding and securing a sheet of paper in such a way that it becomes an envelope: a 2D sheet is processed so that it functions as a 3D container. The animation studio’s aim—to create an illusion of life through processing—is also reminiscent of the way in which a viewer must animate the disparate pieces of an artwork or an exhibition, assembling a complex understanding from a group of mute images and objects.

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Visuels : Seth Price, Animation Studio / Exhibition viewes / Photo credits: Florian Kleinefenn / Courtesy de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris

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