« SIMPLES GESTES », MANUFACTURE SAINT-LOUIS, METZ

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« Simples Gestes » / Musée du cristal Saint-Louis / Saint-Louis-lès-Bitche / Jusqu’au 1er mars 2015.

Au cœur du musée du cristal de la manufacture Saint-Louis, la plus ancienne cristallerie d’Europe,  » Simples Gestes  » dévoile la relation entre le geste et l’esprit. Pendant de l’exposition  » Formes Simples  » au Centre Pompidou Metz, cette exposition est centrée sur la genèse des formes. Les œuvres présentées révèlent à la fois des gestes en train de se faire et des formes marquées par la trace d’un mouvement. Inscrites dans le parcours de la collection, elles interrogent l’action de faire et surtout comment persistent la force du travail fait de nos propres mains. Le long du parcours mêlées entre la collections des objets en cristal et des vidéos documentaires, elles attirent progressivement le spectateur jusqu’au dernier étage, consacré majoritairement à l’exposition.

Au sol, la sculpture de Jean-Luc Vilmouth interpelle le spectateur par la puissance de son dessin : l’artiste est parti du geste de couper du fil électrique et a fait naître une forme qui résonne en nous comme celle produite par le lancer d’un galet dans l’eau. En chemin, le son de la vidéo d’Ali Kazma nous intrigue. Arrivés à sa hauteur, nous y voyons les gestes mécaniques qui fondent l’habilité et la violence de la répétition propre à l’homo faber. Installées le long de la promenade, captivant le spectateur par leur blancheur et l’éclat de lumière, les œuvres en plâtre de Guillaume Leblon portent en elle le récit d’une transformation, d’un geste imprimé dans la matière. Également, comme attirant le spectateur à s’arrêter, les sculptures de Jean-Marie Appriou incarnent l’expérimentation de la matière.

Au dernier étage, la puissance performative du corps est encore plus marquante. Natacha Nisic dévoile nos gestes rituels du quotidien. Son  » Catalogue de gestes  » magnifie nos actions qui deviennent moteurs d’une transmission d’un savoir. Eva Kotatkova, Aneta Grzeszykowska et Emilie Pitoiset mettent en lumière la danse comme geste expressif du corps. Littéralement, le film Boulder Hand de Gabriel Orozco présente l’épreuve physique que subit la matière par la durée d’une action manuelle. La main et le galet font corps dans cette action d’une extrême simplicité.

Le temps marque l’ensemble des œuvres. As An Object de Melik Ohanian, qui clôt le parcours, met en jeu un processus de transformation d’un objet. L’œuvre montre différents états et invite alors le spectateur à imaginer sa restauration « à rebours ».

Au delà de la question du geste, les œuvres invitent à réfléchir sur ce qui fonde notre humanité. Elles incarnent toutes un processus et jouent sur le rapport visible et invisible d’un corps en action.
Subtilement insérées dans le parcours, elles ajoutent une dimension réflexive et permettent d’appréhender autrement le travail des artisans d’art.

Pauline Lisowski

Visuel : As An Object, AK 47 de Melik Ohanian / copyright the artist

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