RICARDO BREY, RETROSPECTIVE AU M KHA, ANVERS

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RICARDO BREY : Au fond du Ciel / M HKA, Musée d’art contemporain d’Anvers / 6 Février – 10 Mai 2015.

Rétrospective de l’artiste Ricardo Brey au M HKA (Musée d’Art Contemporain d’Anvers, Belgique), à partir du 6 Février 2015. L’exposition, intitulée « Au fond du ciel », est le fruit d’une longue et fidèle collaboration entre Bart De Baere, Directeur du M HKA, et Ricardo Brey, artiste cubain vivant en Belgique depuis plus de 20 ans. La rétrospective investira simultanément trois lieux différents dans la ville d’Anvers : le M HKA, l’Athénée royal, et l’église baroque Saint-Paul.

L’exposition succède à celle du Museo Nacional de Bellas Artes de La Havane, Cuba (2014). Toutefois, sa dimension rétrospective, ainsi que son ampleur et son envergure, sont tout à fait inédites. « Au fond du ciel » présente, pour la première fois, un panorama complet et à grande échelle de l’œuvre de Ricardo Brey. Ainsi, certaines des œuvres qui seront exposées n’avaient plus été montrées au public depuis leur réalisation, qui remonte parfois à près de trois décennies.

Des œuvres de ses débuts, l’exposition présente l’installation The structure of myths et Papeles de Verrazano (installation regroupant 137 dessins/feuillets), toutes deux datant de 1985, et réexposées pour la première fois depuis 1986. Sera également présentée l’œuvre majeure de Ricardo Brey, Untitled, Documenta IX, Kassel (1992), restaurée spécialement pour l’occasion. On pourra aussi redécouvrir les 21 Showcases, accompagnés de dessins en trois dimensions sur des rouleaux de papier provenant d’un piano mécanique, que Ricardo Brey avait montrés en 1997 au Salzburg Kunstverein (Autriche), appartenant désormais à la collection de la Communauté flamande, et qui n’avaient jamais été exposés au public depuis leur acquisition.

L’exposition proposera aussi au visiteur de découvrir une série de 21 boîtes dont la plupart ont été spécialement conçues par l’artiste pour l’exposition du M HKA. L’installation, codifiée par un rituel déterminé, tient de la performance. Les coffrets exposés sont pensés pour interagir avec le spectateur. Celui-ci découvre, comme à l’ouverture de poupées russes, des boîtes dans des boîtes dévoilant progressivement le monde à la fois savant et utopique de Ricardo Brey. Ce dernier décrit ses « reliquaires » comme des Lagerstätten, terme allemand de paléontologie utilisé pour nommer les strates géologiques qui renseignent sur la biodiversité d’une période donnée. Le mot scientifique est bien choisi pour ceux qui veulent ouvrir, couches après couches, la boîte de Pandore de Ricardo Brey.

Enfin, sera présentée une dizaine de grandes installations, elles aussi inédites, fruit des dernières recherches de Ricardo Brey. Elles font appel à la photographie, nouveau medium dans l’œuvre de l’artiste. Il utilise celui-ci en l’associant aux objets qu’il recycle de manière à composer des sortes de « photos-sculptures », soumises aux mêmes artifices de mise en scène que ses installations, tels que ses clichés de souches d’arbres exposés en 2014 au Museo Nacional de Bellas Artes de la Havane (Cuba). Dans cette série, l’importance donnée au détail renforcée par la taille du format, et la technique d’impression sur toile, rejoignent l’approche naturaliste propre à Ricardo Brey. Ce dernier aime à décrire celle-ci comme « organique », car pour l’artiste cubain, rappelons-le, i l y a la vie dans toute chose. Ricardo Brey, en chaman démiurge, nous le démontre un peu plus à chacune de ses nouvelles expérimentations artistiques.

L’ode à la vie de Ricardo Brey s’incarne de la façon la plus éloquente dans le recyclage même des objets périmés, fil rouge de son œuvre poétique et spirituel. Celui-ci, en offrant une seconde vie aux matériaux hétéroclites, entretient une filiation historique avec Duchamp, Joseph Beuys et l’Arte Povera qui furent des sources d’inspiration pour le plasticien cubain. Ses œuvres, de prime abord d’apparence chaotique, flirtent toutes avec l’idée de l’accident, de la rencontre fortuite entre matériaux, formes et textures qu’à priori tout oppose, mais dont la confrontation, mise en scène par Ricardo Brey, est créatrice de sens et donne corps à une mythologie personnelle en constante évolution. Ricardo Brey, artiste histori que actif à un moment crucial de l’histoire de l’art cubain, et d’autre part, artiste flamand d’adoption, crée des œuvres hautement contemporaines qui s’inscrivent dans un projet total et pérenne, conçu pour l’avenir et en quête de valeur universelle.

La rétrospective du M HKA comprend également deux expositions hors les murs. L’Athénée royal accueillera dans la salle de banquet d’un lycée construit au XIXe siècle les 1004 dessins de la série Universe (2002-2006) disposés dans 99 vitrines conçues pour leur première présentation au S.M.A.K. de Gand, en 2006. De son côté, l’église Saint-Paul, près de la Gare Centrale d’Anvers, exposera le système solaire d’Every Life is a Fire (2010-2012), installation placée sur le maître-autel de ce monument célèbre pour sa collection de peintures et de sculptures baroques.

Ricardo Brey (1955, La Havane, vit et travaille à Gand) est représenté en France et Belgique par la galerie Nathalie Obadia.

Visuel : Ricardo Brey, « Love » / Tissu, feuille d’or veillie, métal, pile, jeton téléphonique, cornes, terre cuite, cloches, chaîne, bronze, bois, deux livres leporello et un cahier 28 x 29 x 29 cm / Copyright the artist / Courtesy Galerie Obadia, Paris-Bruxelles.

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