MICHAEL CLARK : L’ESPRIT MINERAL

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Michael Clark : Animal / Vegetable / Mineral / à la MAC – Créteil, les 6 et 7 février 2015.

Michael Clark est un chorégraphe britannique que l’on présente souvent comme iconoclaste. Après des études au Royal Ballet School de Londres et une rencontre avec Merce Cunningham et John Cage, il lance sa compagnie en 1984 et créé de nombreuses pièces où il secoue la technique classique par des accents rock. Il admet lui-même que « le rock est l’un des piliers de [sa] vie”, une source d’inspiration tant personnelle qu’artistique.

Une danse formelle

Dans Animal / Vegetable / Mineral nous avons ainsi à faire à une danse virtuose qui s’agite sur une playlist mêlant la pop de Scritti Politti, le rock psychè des Sex Pistol et les compositions plus électro de Relaxed Muscle. Les pointes sont exacerbées, les angles des bras et des jambes aiguisent le corps, les dos se courbent à 90° vers l’arrière. La danse évolue dans une gangue géométrique, comme si les gestes dessinaient des segments livrés à l’espace, fragments de corps vides et mécaniques.

Les transitions entre ces segments chorégraphiques ne répondent néanmoins à aucune nécessité corporelle. Les corps titubent en se défaisant du carcan de la forme et sortent de la précision du mouvement avec une maladresse subie. Si la partition chorégraphique à laquelle obéissent les danseurs est extrêmement précise, dessinant sur le plateau des lignes, diagonales et autres polygones, on ne la sent pas habitée par la nécessité rythmique suggérée par les morceaux de musique.

Un rock rigide

Car la bande sonore force les sens du spectateur au lieu d’accompagner ou de guider la danse. Cette dernière ne prend pas son énergie de la musique ni ne répond à son urgence rock. Cacophonie ordonnée des corps, elle déconstruit la formalité classique et la diffracte sur le plateau tout en lui reconstituant une rigidité nouvelle. C’est dans ce dernier point, selon nous, que Michael Clark rate son objectif.

Car si les mouvements suivent le beat, ils ratent la bête qui se tapisse dans les riffs de guitare. Du titre, cette pièce ne prend finalement que la dernière composante : le minéral ; oubliant un peu un esprit animal qui aurait nécessité plus de courbes et de lâcher-prise. Le spectateur se retrouve alors confronté à une structure chorégraphique à laquelle il est dès lors difficile de se raccrocher. La roche est plane et se dérobe à nos tentatives d’escalade.

Quentin Guisgand

Retrouvez Animal / Vegetable / Mineral au Manège de Maubeuge le 20 février prochain.
La Michael Clark Company présente une autre pièce, come, seen and gone à La Villette, du 3 au 6 juin prochain.

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