56e BIENNALE DE VENISE : HOMMAGE A MAURI A ROME, AVANT LE GRAND SAUT DE LA BIENNALE

mauri 2

Correspondance à Rome.
Hommage à Mauri à Rome avant le grand saut à la Biennale de Venise.

Une soirée importante ce 1er avril dans le paysage romain: une réception dans l’atelier de Fabio Mauri, l’artiste italien du moment en plein essor depuis le lancement à New York début mars. Après des années, l’entourage de Mauri se réunit pour la présentation d’un livre sur l’artiste mort en 2009. Un moment d’émotion et aussi un avant-goût sans cérémonie de la Biennale de Venise où Mauri sera définitivement consacré. Et sans doute une dernière occasion de voir dans leur contexte d’origine les œuvres qui seront envoyées à Venise d’ici quelques jours.

On est le premier avril, c’est l’anniversaire de Fabio, soulignent les critiques et les artistes qui l’ont connu et sont venus lui rendre hommage hier, alors que d’autres revendiquent une part de gloire maintenant que Mauri s’apprête à rejoindre la scène internationale. Autrefois souvent ignoré, le parcours artistique de Mauri est aujourd’hui en passe d’être inventorié par les historiens et les critiques. C’est cette conscience et cette tension qu’on pouvait sentir hier dans l’atelier de Mauri, un loft au rez-de-chaussée avec vue sur le Colisée encore animé par le travail des plus fidèles assistants de l’artiste.

Au milieu des installations et projections de Mauri magnifiquement disposées, sont intervenus: le frère de Fabio, Achille Mauri toujours dynamique et enjoué, tourbillonnant entre New York et Venise ; Furio Colombo qu’on ne présente plus et qui, entre autres, a été directeur du quotidien l’Unità ; la directrice de l’Auditorium de Rome (conçu par Renzo Piano) Anna Cestelli Guidi ; l’artiste Sergio Lombardo dont Mauri, plus âgé, a fréquenté l’atelier derrière Piazza Navona très couru au début des années ‘70 ; et le psychiatre Alberto Oliverio qui a parlé de la cure de Mauri qui subit de nombreux électrochocs avant de vaincre un traumatisme.

À travers ces multiples témoignages, c’est la portée artistique de Fabio Mauri qui commence à prendre forme, un artiste surtout performer qui a développé le créneau du happening entre théâtre et peinture – et d’origine futuriste – et a su donner le ton à l’art aujourd’hui qui joue sur l’interaction et le rapport avec le public.

Dans la salle, mêlé à la scène artistique romaine, la présence du directeur de la Villa Médicis, Éric de Chassey, a été particulièrement appréciable alors que pour le moment une seule œuvre de Mauri vient d’être intégrée à une collection publique française, au Centre Pompidou grâce à la médiation l’an dernier d’Isabelle Sciamma de la galerie romaine Uno Su Nove, et sera bientôt exposée.

Alors qu’à Milan les inaugurations de nouvelles maisons aux enchères et d’espaces d’art se multiplient avant l’Exposition Universelle, ce rendez-vous romain hier dans l’univers de Mauri rappelle une fois de plus que l’histoire de l’art italien s’est faite à Rome et que la capitale est prête à défendre sa place.

Raja El Fani

image2

Photos : Intervenants de gauche à droite: Francesca Alfano Miglietti, Anna Cestelli Guidi, Achille Mauri, Sergio Lombardo, Oliverio. / Éric de Chassey devant une série de Schermi (du cycle The End) dont l’échelle-installation qui sera exposée à Venise.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives