YASMINE HUGONNET, « LE RECITAL DES POSTURES », ADC GENEVE

Hugonnet4_Anne-Laure Lechat
Genève, correspondance.
Yasmine Hugonnet, « LE RÉCITAL DES POSTURES » / Du 2 au 6 décembre 2015 à l’ADC, Genève, Suisse.

Yasmine Hugonnet a étudié la danse classique à Montreux et Genève puis intégré le Conservatoire National Supérieur en danse Contemporaine de Paris. Elle s’intéresse à l’improvisation, la danse contact, le Butoh, et pratique la danse africaine et orientale. Elle travaille sur les relations entre forme, image et sensation, la (dé)-construction du langage chorégraphique, le processus d’incarnation et d’appropriation. Depuis 2000, elle crée ses propres projets chorégraphiques avec le collectif Synalephe (avec des artistes non-voyants à Taiwan) et développe son travail personnel dès 2006.

Lauréate des Pépinières Européennes pour Jeunes Artistes, elle est en résidence en Slovénie en 2006 où elle crée « RE-PLAY », un trio qui sera joué dans plusieurs festivals internationaux : (Impulstanz 8tensions Vienne, Temps d’Image Tanzhaus NRW Düsseldorf…). Un premier solo « Latitude de pose » présenté au festival Artdanthé à Paris, puis des pièces de groupe « OF OTHER », « A, A ! A ? AA. » co-produites par Maska (Slovénie) et la Tanzhaus NRW à Düsseldorf (Allemagne). En 2010, elle fonde son association Arts Mouvementés qui propose actuellement 3 créations: Le Rituel des Fausses Fleurs (2013), Le Récital des Postures (2014) et la Traversée des Langues (2015).

Le récital est une forme de représentation musicale ou un seul musicien se fait entendre. Ici l’instrument est corporel et le récital silencieux, à une surprise près. Presque de 50 minutes de silence, accompagné du bruit blanc des spots. Un solo qui débute par la silhouette grise et noire de la danseuse allongée sur sol, le visage dissimulé par la chevelure. Un décor qui ressemble à une page blanche. Yasmine Hugonnet se plie et se déplie, dessine des formes improbables, des poses nettes et sculpturales, parfois calligraphiques comme les encres de Michaux la chevelure traçant la pointe du pinceau.

Bientôt dévêtue, la danseuse déambule, traverse l’espace telle une écriture hiéroglyphique mais le plus souvent ludique. Chaque pose est une tension, une immobilité traversée d‘un frémissement musculaire perceptible. Sa chevelure sombre est un énième membre, étrangement malléable, qu’elle tend, étire et façonne. Tantôt dynamique, tantôt figé, ses cheveux la tire et l’entraine dans diverses directions selon la forme qu’elle leur donne. Bois de cerf, chignon monumental, ou moustache imposante, ce matériau capillaire décidément polymorphe lui permet d’incarner une galerie de personnages surprenants, hilarants ou ambigus : cavalière, petit rat de l’opéra, militaire ronflante et moustachue. Toutes ces figures sont les morceaux, abstraits ou figuratifs de ce récital, comme autant d’illustrations des facettes spirituelles de l’interprète.

La danseuse vient enfin s’agenouiller au bord de la scène, face aux spectateurs. Un roucoulement, quelques onomatopées s’échappent de son visage figé, des trémolos, des sons qui se répètent et se transforment en mots, Une poésie sonore dont bientôt le sens nous parvient. Une invitation à la danse…

Ildiko Dao,
à Genève

En tournée : au Sélection Aerowaves Twenty, le 22 avril 2016 à Spring Forward, Aerowaves Platform, Pilsen, République Tchèque, le 14 mai 2016 , Festa danzante, LAC Lugano, Suisse .

Hugonnet2_Anne-Laure Lechat

Photos @ Anne-Laure Lechat

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