ERWIN WURM, « LOST », THADDAEUS ROPAC

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Erwin Wurm : Lost / Galerie Thaddaeus Ropac / 14 janvier-05 mars 2016 / Vernissage le 14 janvier 2016.

Le sculpteur spacy Erwin Wurm, célèbre pour ses objets du quotidien traités à grande échelle et déformés outrageusement (la maison d’enfance de l’artiste à Venise en 2011, des bagnoles ou des bateaux tels des jouets d’enfants surdimensionnés), expose chez Thaddaeus Ropas jusqu’en mars 2016.

Le caractère quotidien des objets utilisés par Erwin Wurm est une composante essentielle de son travail: du concombre à la saucisse en passant par les voitures ou les maisons de toutes formes et de toutes tailles. L’apparence «familière» de ces objets instaure une relation de confiance initiale avec le spectateur. Dans la lignée de la tradition aristotélicienne, la «substance» des choses réside dans leur réalité autonome et non dans l’action des hommes qui leur attribuent un sens ou tentent d’arracher le secret de leur matérialité.

«Lost» présente les dernières œuvres d’Erwin Wurm pour lesquelles la matérialité joue un rôle essentiel aux différentes étapes de conception. Les œuvres exposées sont inspirées de la forme d’objets du quotidien et du souvenir de la perception tactile de leurs surfaces et matières. Ces formes peuvent être celles d’un distributeur à savon, d’une horloge, d’une chaise longue ou encore d’un fauteuil.

La couleur jaunâtre de Butter (un réfrigérateur) et le blanc crémeux de Body (un distributeur de lait pour le corps) révèlent à la surface ce qui serait normalement le contenu de l’objet. L’intérieur et l’extérieur, l’enveloppe des choses en tant que pars pro toto sont des thèmes récurrents dans l’œuvre d’Erwin Wurm. Par le passé, l’artiste a déjà habillé des socles de sculptures comme des personnes.

Le fait que les objets et les meubles exposés soient anciens est particulièrement porteur de sens à cet égard. Les œuvres acquièrent une qualité de présence exceptionnelle du fait de leur allusion à un contexte socio-historique. Le spectateur est incité à éprouver un sentiment de nostalgie du temps passé, un souvenir qui peut s’étendre à une époque entière.

Au départ, Erwin Wurm réalise des moulages en argile ayant la forme d’objets du quotidien de tailles très variables. Ils peuvent être plus grands que nature, conférant ainsi à l’œuvre un caractère surréel, ou bien être fidèles à la réalité du quotidien. L’artiste va ensuite laisser son empreinte physique sur le moulage en argile en s’asseyant (Sideboard) ou en marchant dessus (Snow) par exemple.

L’œuvre est finalement moulée en bronze ou en polyester, la troisième et dernière étape de sa matérialité. L’artiste les ayant soustrait à leur raison d’être, ces objets du quotidien se trouvent dépouillés de leur fonction première. Ce qui devient visible est alors une «dé-form-ation»: les propriétés auparavant inhérentes à l’objet ont disparu ou changé de nature. Une tension se crée entre la représentation de l’objet du quotidien, sa déformation par le corps de l’artiste et la matérialité de l’œuvre elle-même.

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Visuels : Erwin Wurm AtticBrain – Rain (Bed), 2014 Polyester, acrylic paint / Erwin Wurm Triple Seat (Fauteuil White), 2015 Polyester, wood, acrylic paint Copyright the artist

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