PREMIERE ITALIENNE D’AI WEIWEI A FLORENCE (ET PAS A ROME)

aiweiwei

Rome, correspondance.
Première italienne d’Ai Weiwei à Florence (et pas à Rome).

Avant d’arriver à Lesbos en Grèce fin décembre pour un projet sur les camps de réfugiés, Ai Weiwei est passé par l’Italie où il a fait des repérages au Palazzo Strozzi, un palais de la Renaissance transformé en musée mi-privé mi-public et qui accueillera la première personnelle de l’artiste-activiste chinois en Italie en septembre 2016.

Le tout nouveau directeur du Palais Strozzi Arturo Galansino, 38 ans, arrivé de Londres, a travaillé entre autres à la Royal Academy où la grande anthologique d’Ai Weiwei a été un succès en automne 2015. Mais Galansino prend soin dans son programme d’expositions de 2016 de faire précéder à Ai Weiwei un autre artiste chinois, Liu Xadong, approuvé par Pékin.

C’est encore une fois Florence et pas Rome qui accueillera un artiste de renommée mondiale juste après l’exposition Jeff Koons aux Offices. Florence a le même rayonnement classique que Rome sans son poids politique, un appeal d’exception – et au cœur de la culture occidentale – pour ces stars du marché de l’art pressés de se mesurer à l’Histoire. Comme il l’a déclaré au quotidien La Repubblica, Galansino lui-même a encouragé Ai Weiwei à exploiter le contexte suggestif du palais florentin, tendance qui renvoie à toutes les expositions du même genre (celle d’Anish Kapoor à Versailles, par exemple) qui jouent sur l’anachronisme entre art antique et contemporain.

En France et en Italie plus particulièrement, les stars de l’art contemporain viennent exposer de leur vivant dans nos grands musées antiques. C’est à se demander alors quelle est aujourd’hui la véritable fonction d’un musée d’art contemporain national tel que le Maxxi construit à Rome il y a six ans et qui n’a jusqu’ici organisé de personnelles qu’à quelques artistes contemporains morts. Sans parler de la Galleria Nazionale d’Arte Moderna (GNAM), hier encore l’institution de référence dans le contemporain, où vient d’être nommée – en août 2015 – la curatrice Cristiana Collu sans encore un programme annoncé.

Les grands musées d’art antique ont plus de moyens et s’adaptent aux standards du management culturel mieux que les musées d’art contemporain. Résultat? Le succès commercial d’une telle politique alimente l’illusion que l’art d’aujourd’hui puisse brûler les étapes et s’arroger avant l’heure le statut d’art classique au même titre que l’art filtré, élucidé et fixé par le cours de l’Histoire.

Raja El Fani
à Rome

Ai Weiwei au Palazzo Strozzi, Florence, curator Arturo Galansino, septembre 2016.

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