MIQUEL BARCELO, « SOL Y SOMBRA », MUSEE PICASSO, BNF PARIS

barcelo_bnf_01

Miquel Barceló. Sol y sombra / à la BnF I François-Mitterrand du 22 mars au 28 août 2016 / au Musée national Picasso-Paris du 22 mars au 31 juillet 2016.

La Bibliothèque nationale de France et le Musée national Picasso-Paris s’associent pour proposer un double évènement consacré à Miquel Barceló. Fortes de nombreuses pièces inédites, deux expositions permettent au public une immersion dans l’univers de l’artiste majorquin. Aux peintures et céramiques présentées par le Musée national Picasso-Paris fera écho la riche production gravée proposée par la BnF. Deux lieux et deux expositions pour une oeuvre exceptionnelle à découvrir au printemps 2016 à Paris.

A la BnF, l’oeuvre imprimé et une monumentale fresque de terre et de lumière inédite L’oeuvre imprimé de Miquel Barceló, rarement exposé, représente cependant une part majeure du travail de l’artiste. Peintre, dessinateur, sculpteur et céramiste, il expérimente également depuis ses débuts les techniques d’impression. Foisonnant, profondément original, son oeuvre imprimé représente à ce jour près de deux cent cinquante gravures sur cuivre, sur bois, lithographies, sérigraphies et estampages. Bien qu’autonome, ce travail reste indissociable, par sa dimension foncièrement expérimentale, de l’ensemble de la production protéiforme l’artiste majorquin. C’est tout naturellement que la BnF a choisi de faire découvrir cette part méconnue de son oeuvre en dialogue avec des dessins, des sculptures, des céramiques et des peintures, dans un parcours thématique construit autour d’une sélection de soixante estampes, travaux récents ou très anciens, qui rend compte de la cohérence et de la singularité de sa démarche.

Une monumentale fresque de terre et de lumière est créée in situ sur toute la hauteur des vitres de l’allée Julien Cain que l’artiste a couvertes d’une fine couche d’argile avant d’y dessiner en grattant la glaise séchée. Spectaculaire introduction à l’exposition, cette fresque de 190 mètres de long sur 6 mètres de haut immerge le visiteur dans l’univers envoûtant de Barceló et rend hommage au philosophe majorquin Ramon Llull. Le parcours se déploie ensuite sur les thèmes de l’empreinte, la trace et la griffure, de la métamorphose, des tauromachies et des littératures. Vases et briques de terre cuite, portraits à l’eau de Javel, sur parchemin ou oreille d’éléphant, livres embossés et bronzes patinés, peintures et carnets font écho aux estampes. Estampes dans lesquelles l’artiste, tirant parti de toutes les ressources du medium, joue avec les textures, les couleurs et les subtiles nuances des noirs et des blancs pour, de l’ombre, faire naître la lumière.

Au Musée national Picasso-Paris : Miquel Barceló est le premier artiste contemporain invité au musée depuis sa réouverture en 2014. Conçue comme une plongée dans l’univers singulier de l’artiste, l’exposition occupe l’intégralité du sous-sol de l’Hôtel Salé et présente un ensemble de peintures, sculptures, céramiques et oeuvres sur papier des années 1990 à aujourd’hui. Le parcours se développe autour des divers domaines de création de l’artiste et met en avant les affinités de son oeuvre avec les attitudes, les motifs et les processus créatifs de Pablo Picasso. Le thème de l’atelier constitue le fil rouge de l’exposition : de la représentation picturale qu’en donne Barceló dès les années 1990, jusqu’à la présentation d’ensembles de plâtres – modèles pour les fontes à venir ou fragments d’études qui évoquent l’atelier du sculpteur – en passant par la fabrique de céramiques, domaine dans lequel le visiteur pourra découvrir les dernières expérimentations menées autour de pièces fumées au charbon de bois. OEuvre maîtresse de l’exposition, un grand mur de briques spécialement réalisé par l’artiste, permet d’aborder la thématique récurrente chez lui de l’autoportrait, tout en évoquant la dimension monumentale de son travail.

En contrepoint de la centaine d’oeuvres de Barceló, quelques pièces de Picasso choisies dans la collection du musée, ainsi qu’une sélection de photographies de ses divers ateliers, ponctuent le parcours et donnent à voir les correspondances existant entre les oeuvres des deux artistes. Ces rapprochements relèvent à la fois d’une attitude commune vis-à-vis de la matière – processus créatif faisant la part belle à l’expérimentation permanente – que d’une perméabilité des techniques qui transparaît sur tous les supports. « Sol y sombra », évocation directe du monde de la tauromachie, renvoie aussi bien à l’iconographie chère au maître andalou qu’à cette approche propre à « l’animal » Barceló qui inscrit son travail dans un jeu permanent entre la densité d’une matière, superposée, triturée, grossièrement façonnée, et la délicatesse d’un geste d’effacement, d’un trait creusé en négatif qui fait surgir une lumière éclatante.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • INFERNO RECRUTE SES CORRESPONDANTS EN MEDITERRANEE :

  • Allez :

  • HOMMAGE A MIKE KELLEY

  • UNTITLED FEMINIST SHOW / Young Jean Lee

  • PORTRAIT : STEVEN COHEN

  • SOPHIE CALLE : RACHEL, MONIQUE

  • ISTANBUL MODERN : VAPURS, BOSPHORE ET ART CONTEMPORAIN