MARKUS SCHINWALD, THADDAEUS ROPAC PARIS

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Markus Schinwald / Galerie Thaddaeus Ropac, Paris-Marais / 12 mars – 9 avril 2016.

La Galerie Thaddaeus Ropac présente la première exposition personnelle de l’artiste autrichien Markus Schinwald dans sa galerie du Marais. Markus Schinwald est un artiste à l’œuvre protéiforme, qui explore aussi bien le médium de la vidéo, du dessin, de la sculpture que des installations pour façonner un monde dans lequel le théâtre, la sociologie, la philosophie, la psychologie voir même le fétichisme se font écho. Dans son processus de création picturale Markus Schinwald a recourt à des peintures anciennes, datant pour la plupart de l’époque dite Biedermeier, sur lesquelles il intervient en leur ajoutant des éléments incongrus tels que des prothèses. Par ce geste iconoclaste, l’artiste créé une œuvre atemporelle qui ne répond pas ou plus à un style esthétique particulier en terme d’époque comme de genre. A l’inverse donc d’une pratique artistique restrictive Markus Schinwald emporte le spectateur, dans chacune des ses expositions, dans un voyage initiatique puisque l’expérience est non seulement visuelle mais aussi celle d’une empathie corporelle.

Pour ce projet, Markus Schinwald a choisi de présenter une nouvelle série de tableau de grandes formats ainsi que plusieurs installations s’apparentant à des machines en mouvement.

Les nouvelles toiles de Markus Schinwald sont en rupture visuelle par rapport à ses œuvres plus anciennes dans lesquelles des visages peints et des instruments de prothèse étaient sujet du tableau. Ici les personnages se sont libérés de leurs attributs contraignants et par conséquent d’un poids psychologique. Ils s’inscrivent dans une composition toute autre puisqu’ils adoptent, de part leur dimension, la taille de figurine quasiment anecdotiques. Le fond monochrome évacue tout ancrage narratif, iconographique ou temporel dévoilant un contexte mystérieux dont seules émergent l’évocation de formes géométriques, de matières, de reflets ou de nuances. Markus Schinwald déplace son répertoire iconographique habituel : la prothèse n’est plus figuration mais devient contextuelle, conceptuelle. Le carcan psychologique n’est plus incarné dans un objet physique identifiable mais de façon plus abstraite en recourant à une composition qui reproduit les conditions de cet enfermement mental.

Ce phénomène s’opère simultanément sur les installations de l’artiste. Ses sculptures sont composées d’un mouvement d’horloger, emprunté aux cadrans ecclésiastiques du XIX siècle, lui-même circonscrit dans un cadre blanc. En perpétuel mouvement ils évoquent une chorégraphie répétitive. Les roues dentées, l’organe mécanique de l’arbre cylindrique et les éléments de mobilier en bois se substituent ici aux jambes et articulations des marionnettes ou des danseurs des créations antérieures de Markus Schinwald. Au delà de ces mécanismes, l’artiste limite ses dernières sculptures à une simple forme géométrique ; celle du rectangle. Ce dernier devient contour puisque les installations sont vides à l’intérieur ; elles rappellent en soi le motif de la fenêtre. Un jeu entre le vide et le plein s’instaure alors créant un dialogue symbolique entre l’intérieur et l’extérieur, entre introspection et extraversion. À travers elles apparaissent alors les peintures ou des détails de celles-ci qui permettent de poser un nouveau regard sur l’œuvre de Markus Schinwald et surtout de lui donner une nouvelle interprétation.

Markus-Schinwald-Bea2008

Images: Markus Schinwald. 1- Untitled, 2015, Huile sur toile — 200 × 200 cm, Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac Paris/Salzburg — Photo @ Charles Duprat / 2- Markus Schinwald, Bea, 2008 – copyright the artist.

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