SPRING FESTIVAL UTRECHT : EDITH KALDOR, « WEB OF TRUST »

EdithKaldor - LucVleminckx-3

Utrecht, envoyé spécial
Web of trust – Édith Kaldor – Spring Festival Utrecht (NL).

Cette artiste d’origine hongroise, installée en Hollande depuis plusieurs année, nous convie à assister à « une recherche » en cours, par nature non aboutie (pour 15€ euros tout de même, pardon d’être terre à terre… !).

Elle nous rassemble face à un cyclo blanc, où à gauche apparaît une zone de dialogue. Toujours à gauche, sur scène, Ediht et son clavier, son écran, sa webcam, et à l’opposé un autre webmaster qui va l’aider à modérer… Bon…

Au fur et à mesure, tel ou tel se connecte qui de Berlin, qui de Londres… Ils ont des messages, des attentes, une recherche… Au centre un texte « work in progress « , comme on dit, qui évolue et prend des formes diverses au fur et à mesure du dialogue. C’est tout.

Alors si tout mérite d’être tenté, quelle vacuité. Surtout quel symptôme d’une société individualisée à outrance… Ces visages tristes, presque des zombis, qui se rassemblent sur cette page semblant émerger d’une secte…

Ils dialoguent peu entre eux. Les connexions web sont mauvaises, les uns les autres se déconnectent… Et d’ailleurs qu’ont-ils dit ? Qu’ont-ils à dire ?

C’est un peu le problème de cette « étape de travail ». Où est le projet artistique ? Quelle est la dimenssion poétique de la chose ?

Pour sûr, Edit Kaldor est geek… Et alors ! Que sera sa pièce ? Quel est son message avec cette micro-communauté qui n’a de cesse de massacrer l’anglais, la novlangue que tout le monde parle ou croit parler mais qui en prend un sacré coup…

Touchons-nous du doigt la limite du chat en direct ? Si on a rien à dire, être loin ou près ne change rien, le résultat est le même, voire pire, d’autant qu’il n’y a pas de sens. Rien à défendre, prouver, dire…

Pour le moment, tout ceci semble vain et à tout prendre, on aurait préféré voir moins de monde, mais près et sur scène plutôt que loin et déshumanisé – forcément – par une webcam qui sature les couleurs, rend blême le moindre visage et donne à n’importe qui qui fixe avec insistance une webcam l’air hagard voire idiot…

A un moment, sentant l’expérience avec le reste du monde toucher à sa fin (faim), Edith Kaldor donne le lien et l’adresse aux spectateurs qui sont dans la salle, trop contents de faire autre chose que d’être passifs, mais là aussi ce n’est pas très concluant car que dire ? Que faire de cette soudaine liberté, ce fameux « quart d’heure de gloire » wharolien ? Pas grand chose et si les jeunes spectateurs qui sont dans la salle – et ils sont nombreux – se prouvent à eux mêmes qu’ils peuvent entrer sur le site dédié, l’émotion s’arrête là, les plus âgés dans la salle se sentant encore plus exclus… A quoi sert ce temps de « live » ? On ne sait pas…

Bref, on sort de là sans être convaincus par cette tentative qui manque de nécessité et dont la finalité tarde à nous apparaître.

E Spaé
Envoyé spécial à Utrecht

Photo Luc Vleminck

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • INFERNO RECRUTE SES CORRESPONDANTS EN MEDITERRANEE :

  • Allez :

  • HOMMAGE A MIKE KELLEY

  • UNTITLED FEMINIST SHOW / Young Jean Lee

  • PORTRAIT : STEVEN COHEN

  • SOPHIE CALLE : RACHEL, MONIQUE

  • ISTANBUL MODERN : VAPURS, BOSPHORE ET ART CONTEMPORAIN