« FIN DE SERIE », MANON OLIGNY, TRANSAMERIQUES MONTREAL

fin de serie

Envoyé spécial à Montréal.
FIN DE SÉRIE, Manon Oligny / Festival TRANSAMERIQUES Montréal 2016.

Modèles uniques.

Ainsi, Manon fait de la danse comme l’indique le nom de sa compagnie… et ça se voit…

Six drôles de dames, toutes habillées pareil – volonté d’uniforme-uniformiser – entrent en scène. Même chevelure, même bas noirs, même sous-pulls et bientôt même imperméables, avec la petite touche féminine de la dentelle visible au revers qui va bien. Souliers noirs sanglés d’une lanière qui tient bien le pied et qui annonce que, ça va bouger !

Dans cette première image, on pense à un négatif d’une photo posée de Vanessa Beecroft dont les femmes, souvent en blancs, ressemblent à des guerrières amazones. Là c’est pareil, mais tout en noir et il ne va pas falloir leur en conter.

Manon Oligny aime les ensembles, les danses de groupes. Elle règle dans Fin de Série de véritables chorégraphies essouflantes, des mouvements très robotiques. Des tours, peu de portés, des grands mouvements tels des nuées d’oiseaux dans le ciel, et rapides, vifs… comme des flèches. Beaucoup de clichés et d’images sur et à propos de la femme sont passées en revue dans cette pièce.

Une voix lyrique ponctue les moments et apporte une certaine douceur. Si elle entonne I fell pretty de West side story, c’est pour accompagner l’effeuillage des manteaux au lointain. Les danseuses préparent leur petite révolte poing levé, ce qui n’empêche pas un grand écart. Et si Callas reprend du service, c’est pour traîner des corps par les pieds avant de se lancer, visages masqués, dans une guérilla urbaine où les corps se transforment en chiens (chiennes ?!) de garde pour mieux faire surgir un peu de douceur avec la chanson du film porno Emmanuelle entonnée par Pierre Bachelet, gestes sans équivoques à l’appui, mais soft, très soft…

Bon, tout n’est pas de bon goût dans ce travail. Et pour être de jolies poupées, ces femmes n’en sont pas moins barbantes parfois. Le message de Manon Oligny est tellement lisible, visible qu’on regrette presque un peu plus de métaphores, de distanciation entre le sujet central de ce travail et sa représentation. L’arrivée d’un magicien ne vient pas du tout éclairer le propos et fait rentrer une figure masculine qui fait disparaître une femme, un peu à contre-sens de tout ce qui précède. La bande son est le point faible de l’ensemble. Elle manque de finesse autant dans son choix des morceaux que dans la diffusion en salle sans subtilité…

Fin de série n’est pas un chef d’œuvre mais il se laisse voir. Cette pièce pose les bases d’une vision de la femme dans la société à travers un ensemble d’images et d’idées reçues parfaitement dénoncées par la chorégraphe de laquelle on attendait tout de même un peu plus de second, voire de troisième degré de manière à ouvrir davantage d’hypothèses. Il nous aurait plu que les attendus du problème ne soient pas si visibles. Une certaine logique néanmoins de la programmer l’année du grand retour de Gisèle Vienne à Montréal qui partage avec Manon Oligny nombre de sujets et parfois avec la même façon de les traiter.

E Spaé

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