FESTIVAL D’AVIGNON : MADELEINE LOUARN, « LUDWIG », VOIE ROYALE !

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70e FESTIVAL D’AVIGNON : LUDWIG, UN ROI SUR LA LUNE – Madeleine Louarn – 8-13 juillet 15h00 – L’Autre Scène, Vedène.

Voie royale.

Il aura fallu attendre un certain temps pour voir Madeleine Louran et sa compagnie le Théâtre de l’Entresort, liée à l’atelier Catalyse de Morlaix, se produire à Avignon… Dans un premier temps, une pointe de regret et finalement c’est tant mieux car Madeleine Louarn est arrivée à une maitrise de la forme, de la direction de la troupe donnant à voir un spectacle, avant tout… Une poésie évidente se dégage de ces comédiens qui sont, à n’en pas douter, tout à fait des acteurs et il faut voir « l’impératrice » Sissi – sublime Christelle Podeur – pour en être convaincus…

Première surprise audacieuse de ce spectacle : le dispositif scénique puisque les spectateurs servent de sandwich à la scène… Ils sont de part et d’autre de l’espace scénique et pour des comédiens, ce n’est pas simple d’avoir des gens dans le dos mais pour ceux-ci, cela doit obliger à un travail de repères conséquents. Ils le font. Ils en jouent habilement. On est au cœur de leur jeu, de leur vie de Rois…

Du coup, la scénographie surprend aussi. Pas de château, pas de lac, pas de grandioses installations, seule une barque à Cygne fera son apparition… Une sorte de rampe de skate, entièrement revue permet aux comédiens d’apparaître et de disparaître créant tout le temps un mouvement et une grande solitude… Une cour royale, en quelque sorte…

L’autre surprise, c’est la musique, en direct sur scène et la présence, touchante, du grand Rodolphe Burger. Magistral. Trônant, guitare à la main, sur sa petite scène. Son acolyte, tout aussi délicat, Julien Perraudeau l’accompagne et ces sons.

La réussite du spectacle tient au texte. Ecrit sur mesure par Frédéric Vossier. Parfait pour cette troupe. Pas de tirades trop longues. De courts dialogues qui permettent aux comédiens de nous faire ressentir toutes les situations…

Et puis, de la vie de ce roi, tout y passe … sa solitude, sa sexualité, son goût pour les constructions et les palefreniers, son amour de Wagner – grandiose interprétation par Tristan Cantin – sa relation (ici ambigüe) avec sa cousine Sissi…

Et quelque chose se passe. On entre de plein pied dans cette histoire qu’on connaît, qu’on a vue, relue… Mais on y croit, on adopte vite le ton de cette nouvelle version… On aime ce bal des fantômes, ces tapis de jonquilles, cette façon très simple et très stylisée, presque à la japonaise, qu’à Madeleine Louarn de traiter chaque scène, sans effet, juste le nécessaire pour laisser jaillir la poésie… Même lorsque Rodolphe Burger chante Michaël Jackson, on danse avec ce Roi qui aurait adoré ce musicien fantasque à moins que ce ne soit ce Roi qui ait inspiré, libéré ce musicien pop…

Ludwig, un roi sur la lune n’est pas un théâtre au rabais et il peut rivaliser dans la cour des grands spectacles de ce festival. Et comme le proclame le Roi : Il faut croire en l’avenir… celui de Madeleine Louarn, en tous les cas, nous y croyons.

E. Spaé

Image : Répétition au CDN Besançon, Photo Berthelot.

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