VENISE : « ACCROCHAGES », PUNTA DELLA DOGANA

accrochage-punta-della-dogana-2016

Venise, envoyé spécial.
Accrochages : Punta della Dogana,, François Pinault Fondation – Venise – 17 avril – 20 Novembre 2016

La célèbre galerie de la Punta della Dogana de François Pinault à Venise présente « des œuvres encore jamais exposées depuis leur entrée dans la collection » indique Caroline Bourgeois, la commissaire de l’exposition. Accrochages, titre simple pour laisser place aux œuvres qui vont « d’une pensée minimale » qui oscille entre le sens du vide et du plein… Si on retrouve tout de même des valeurs sûres comme Sol Lewit et ses Wall drawing ici des années 80 : croix, rond, carré, losange… en noir fixés à même le mur gris ou Niele Toroni et ces éternelles tâches de couleur avec un pinceau n° 50, posées à intervalle régulier de 30 centimètres sur tous les supports auxquels il s’attaque.

Découverte heureuse dès l’entrée avec Manteau, une sculpture de 2013 de Guillaume Leblon. Magnifique pièce de marbre en un seul tenant. Stupéfiant de beauté et de réalisme. Réel choc avec l’installation de Pier Paolo Calzolari, obnubilé par la transformation de la matière sous l’effet du temps ou des réactions chimiques. Trois plaques de métal soumises à un froid intense, via un circuit de congélation, qui laisse verser goutte à goutte une eau froide qui altère le matériau et laisse sur les plaques une trace de rouille ou de calcaire… Idem avec des matelas de lits, eux carrément congelés… beau et glaçant.

On tombe ensuite sur les œuvres de Günter Uecker dont on avait déjà vu ces tableaux blancs avec des clous, forme usuelle de la représentation de l’art liée au groupe Zéro auquel il participera dans les années 60. Cet artiste allemand, né dans les années 30, sera vite fasciné par les philosophies orientales et attaché à la simplicité formelle et à la pureté spirituelle du Bouddhisme. On fait d’ailleurs le lien avec Peter Dreher et ses éternels verres d’eau peints, toujours réalisés dans la même journée… Près de 5 000 toiles accumulées depuis 1974 qu’il s’attache à cette série dont une partie est exposée… reposant, apaisant… poétique, véritable métronome du temps qui passe. La Galerie présente aussi Philippe Parreno dont le piano mécanique scande sans arrêt Nuage de Frantz Litz. De Charles Ray, la Galerie expose Young Man, une sculpture de 2012, en acier inoxydable, poli, grandeur nature d’un homme nu tout à fait subjuguante.

Le deux chocs de cet « Accrochages » viendront d’une part de deux œuvres de Goshka Macuga, immenses tapisseries d’une grandeur improbable, souvent tirées d’un montage de documents d’archives, de recherches historiques, scientifiques, de films, de photographies et d’autre part du film post Fukushima saisissant de Pierre Huyghe (Untiled) Human Mask… Un film qui parle de l’humanité à travers un singe savant, masqué, qui joue le jeu de la condition humaine… Remarquable.

Etienne Spaé

huyghes

leblon_010

Visuels : Vue générale – Manteau (2013) Guillaume Leblon – Pierre Huyghe (Untiled) Human Mask

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • INFERNO RECRUTE SES CORRESPONDANTS EN MEDITERRANEE :

  • Allez :

  • HOMMAGE A MIKE KELLEY

  • UNTITLED FEMINIST SHOW / Young Jean Lee

  • PORTRAIT : STEVEN COHEN

  • SOPHIE CALLE : RACHEL, MONIQUE

  • ISTANBUL MODERN : VAPURS, BOSPHORE ET ART CONTEMPORAIN