MING WONG, 明年 (L’ANNEE PROCHAINE), PASSERELLE BREST

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Ming Wong : 明年 | Next Year | L’Année Prochaine – CAC Passerelle, brest – 30.09.2016 – 30.12 2016.

Avec L’Année Prochaine, l’artiste singapourien Ming Wong revisite une icône de la nouvelle vague : L’Année dernière à Marienbad (1961) d’Alain Resnais, écrit par Alain Robbe-Grillet. Ce classique reste célèbre pour l’ambiguïté de sa structure narrative et son langage cinématographique innovant. La caméra rend le rythme de l’esprit par la répétition, l’inversion et l’arrêt sur image. Elle capture la réalité, la mémoire et l’illusion tout en inventant un ordre séquentiel différent même de la logique interne du montage.

L’Année Prochaine ne se veut pas un remake de l’œuvre mais bien une variation par extension du décalage équivoque voulu par Resnais. Ming Wong souligne et entérine la perte de repères spatiotemporels en se livrant à un collage iconographique et dialectique.

La proposition brestoise constitue le second opus du projet initialement produit par le Ullens Center for Contemporary Art de Pekin en 2015. Dans cette première version tournée dans le décor postcolonial du quartier de la Concession française à Shanghai, l’artiste interprète à la fois le rôle de l’homme et de la femme dans un jeu de champ-contrechamp dans lequel les notions d’identités et de genre s’estompent autant que s’affirment dans un univers étrange et complexe. Pour Passerelle Centre d’art contemporain – Brest, Ming Wong procède à un nouveau montage. Il conjugue aux scènes existantes de nouvelles prises de vue des châteaux de Nymphenburg et Schleissheim en Bavière sur les lieux même du tournage de 1961, des extraits du film original ainsi que d’Hiroshima, mon amour (du même Resnais, écrit par Marguerite Duras) tourné en 1959 au Japon et dans les rues de Nevers.

Entre les méandres du temps et de l’oubli prônés par L’Année dernière à Marienbad et la passion amoureuse habitée par l’angoisse atomique d’Hiroshima, mon amour, ce collage référenciel fait fi de la sacrosainte règle d’unité de temps, d’action et d’espace. Les niveaux de représentation et de narration s’y croisent, s’interpénètrent et se brouillent.

En résulte un univers flottant, onirique et ostensiblement factice dans une pure logique dadaïste qui s’affranchit de la notion d’auteur et de filiation de l’œuvre.

L’espace de L’Année Prochaine n’est pas réel mais mental. Il fait entrer en collusion des réalités et fictions différentes pour produire ce que Max Ernst nommait « l’étincelle de poésie qui surgit du rapprochement des réalités ».

Ming Wong, 明年 | Next Year | L’Année Prochaine, 2015 Installation video HD Courtesy de l’artiste, Vitamin Creative Space, carlier I gebauer

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