71e FESTIVAL D’AVIGNON, OEUVRE POLITIQUE ET POETIQUE

71e FESTIVAL D’AVIGNON – 6-26 juillet 2017.

La 71e édition du Festival d’Avignon ouvre le 6 juillet. le Festival fêtera également le 70e anniversaire de sa création par Jean Vilar à Avignon en 1947. Ce que l’on retiendra d’emblée de ce programme, plutôt coloré, dynamique et grand-ouvert sur le monde est le focus porté sur l’Afrique, débordante de vitalité créative, un focus comme toujours avec Py éminemment politique, en ces temps de sombre retour aux brumes brunes, un peu partout dans le monde et singulièrement chez nous en Europe…

Beaucoup de femmes dans ce programme également, metteures en scènes, danseuses, performeuses, comédiennes, chanteuses et même une politique, comme on le verra plus loin. Une volonté affichée de rendre compte équitablement du monde, une fois de plus, en tournant notre regard sur l’incroyable diversité qui le féconde. Grandes metteures en scène que Katie Mitchell et son « De Meiden » ou encore Emma Dante qui nous revient avec « Bestie di scena » qu’il ne faudra pas manquer d’aller voir… Mais aussi la chorégraphe Ambra Senatore, la performeuse Fanny de Chaillé qui, avec d’autres femmes, essaimeront leur singularités créatrices dans cette 71e édition.

De la Danse justement, il y en a plutôt beaucoup, à commencer par l’immense Israel Galvan qui livrera sa nouvelle création « La Fiesta » dans la Cour d’Honneur, accompagné de l’extraordinaire Nino de Elche, cantaor de l’extrême aux fourmillements électro. Mais aussi Serge Aimé Coulibaly avec son « Kalakuta Republik » de la plus belle eau, (chroniqué dans les colonnes d’Inferno la semaine dernière) ainsi que Radouhane El Meddeb, Nadia Beugré, Seydou Boro ou Kettly Noël… Bref, un programme de danse éclectique et vivifiant.

Comme toujours, il sera curieux de découvrir pour certains, les « indisciplinés » que sont Boysie Cekwana et son « The Last King of Kakfontain », Lemi Ponifasio et son « Standing in time », Dorothée Munyaneza avec « Unwanted », et bien sûr tous les « Sujets à Vif« , très souvent de délicieuses pépites à déguster en formes courtes.

Et si Avignon est avant tout un festival de Théâtre, comme le susurrent trop souvent les « bons » esprits, alors cette 71e édition ne manquera pas de satisfaire le plus grand nombre. Comme elle ne manque pas d’en labourer tous les sillons de la contemporanéité, ni d’en assumer la diversité.

Nous retiendrons pour notre part le Birgit Ensemble, qui nous viennent avec deux pièces mémorielles, « Dans les ruines d’Athènes » et « Memories of Sarajevo », à ne pas rater, tout comme Emma Dante et Katie Mitchell citées plus haut. Guy Cassiers revient en force puisqu’avec deux pièces, l’une en collaboration avec la danseuse Maud Le PLadec et leur « Grensgeval (Borderline) », et l’autre, « Le sec et l’humide », la dernière création de Cassiers, à découvrir donc.

Autre temps fort, La pièce de Frank Castorf « Die Kabale Der Scheinheiligen » est sans doute à noter dans vos agendas, tout comme la longue oeuvre de Antonio Latella « Santa Estasi Atridi »… Tiago Rodrigues est lui aussi de retour avec « Souffle », et on ira voir. Tout comme Simon Stone -peut-être- et son « Ibsen Huis », ou encore Jean-François Matignon, qui nous fait son retour au Festival avec « La Fille de Mars »…

Olivier Py lui, a choisi de nous donner une version théâtrale de son texte, « Les Parisiens », puis un « Hamlet » qui sera joué trois fois seulement avec le centre pénitentiaire du Pontet. Quant à Yann-Joël Collin, il propose un « Roberto Zucco » revisité au lycée Saint Joseph.

C’est à Satoshi Miyagi qu’échoit le lourd honneur d’ouvrir la Cour avec son « Antigone ». Bien sûr on s’y déplacera, même si la dernière prestation du metteur en scène au Festival, trop esthétisante, nous avait laissés dubitatifs. Enfin, on relèvera deux curiosités, à ne pas rater : la délicieuse chanteuse Rokia Traoré qui livrera un conte musical dans la cour du Musée Calvet, « Dream Mandé-Djata », et surtout l’improbable « feuilleton » de cette 71e édition, « On aura tout » de Anne-Laure Liégeois, livré en tranches quotidiennes avec la complicité de l’égérie Christiane Taubira… De quoi se sustenter l’esprit de rebellions poétiques, n’en doutons pas.

Marc Roudier

A NOTER : Comme chaque année, INFERNO suivra au quotidien le Festival avec ses envoyés spéciaux, du 6 au 26 juillet. Rendez-vous sur le site donc en juillet. Et comme en 2016, INFERNO est partenaire officiel du Festival et publie un Hors-Série spécial Festival, gratuit et bilingue, distribué dans tous les lieux du Festival et dans ceux du « OFF » en juillet (parution le 5 juillet).

Image: Israel Galvan, « La Fiesta » – © Rubén Camacho

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