XIe BIENNALE DE DANSE DE VENISE : CLARA FUREY & PETER JASKO, UNE AFFAIRE DE FAMILLE…

Envoyé spécial à Venise.
XIe Biennale de Danse de Venise – Untied Tales (the vanished power of the usual reign) – 23/06/17.

Une affaire de famille.
Cela fait un bout de temps que l’ambrion Clara Furey tape à la porte et pose sur scène quelques uns de ses topics avec le secret espoir de marquer un grand coup… Cela va venir… on en est sûr… Ici, à Venise, avec la présentation de Untied Tales (the vanished power of the usual reign) tout n’y est pas. L’incontrôlable émotion de la chorégraphe reste à la fois sa qualité et son principal défaut, et ce n’est pas avec la véritable performance de Peter Jasko – croisé dans le collectif Les Slovaks – que les choses vont changer. Clara Furey, par une patiente maîtrise de son art, va finir par imposer son univers et son mouvement à la danse d’autant qu’il n’est plus permis de douter qu’elle y a toute sa place et de grandes choses à y faire…

Untied Tales (the vanished power of the usual reign) est le fruit d’une rencontre et d’une envie de mélanger les univers de ces deux artistes… Aussi, enserrés dans des vêtements tout ce qu’il y a de casual et contemporain, ils commencent lovés au sol, tête-bêche dans une artistique pleine ombre. Ils mettront tous deux un temps certain à se relever et ce n’est pas la musique puissante et erratique de Tomas Furey qui leur permettra de rester sereins sur leurs jambes. De ces sons puissamment diffusés dans la salle, cette sensation d’être dans un monde futuriste, où tout a été décimé, où il ne reste sur terre que ces deux là. Il y a de la naïveté dans toute cette vision, un manque de recul aussi pour construire une grande œuvre.

La danse surgit mais les jambes ne semblent plus porter le reste du corps, tout repart dans le sol… On retrouve ce déplacement sur l’arrête extérieure du pied observée chez Benoit Lachambre qui est de la partie, on s’en serait douté…

Sorte de gisants au sol, les deux danseurs ont toujours du mal à se relever de l’épreuve. Ils finissent par se faire face, s’échangent quelque chose qu’ils semblent mettre à leur bouche. Avec une craie, celle-ci dessine au sol un abri pour eux deux ?

Chacun part dans un solo dont indéniablement Peter Jasko sort vainqueur avec cette énergie qui irradie la scène et le laisse bien présent dans notre mémoire. La danse de Clara Furey ne manque pas d’énergie mais reste en retrait et le déplacement de ses mains de son nombril à son entre-jambe ne laisse pas de souvenirs impérissables.

Le spectacle se déroule, bon an mal an, jusqu’à l’irruption d’un porté acrobatique qui signale que la pièce aurait pu prendre un autre chemin si cette simple figure avait été plus centrale dans cette chorégraphie, qui pêche par ses redites et qui nous replonge sans cesse dans quelque chose de déjà dit et ce qu’il faudrait avoir posé une fois pour toutes… La métaphore de l’homme à quatre pates et de la femme qui le suit ne permet pas non plus de se dire qu’est venu le temps où a disparu le règne de l’habituel cliché pour paraphraser le titre de ce duo…

Emmanuel Serafini

Photo Marlene Gelineau-Payette

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • INFERNO RECRUTE SES CORRESPONDANTS EN MEDITERRANEE :

  • Allez :

  • HOMMAGE A MIKE KELLEY

  • UNTITLED FEMINIST SHOW / Young Jean Lee

  • PORTRAIT : STEVEN COHEN

  • SOPHIE CALLE : RACHEL, MONIQUE

  • ISTANBUL MODERN : VAPURS, BOSPHORE ET ART CONTEMPORAIN