PHOTOGRAPHIE : OUVERTURE DES 48e RENCONTRES D’ARLES LE 3 JUILLET

48e Rencontres d’Arles – 3 juillet – 24 septembre 2017.

Les 48e Rencontres de la photographie d’Arles ouvrent le 3 juillet. Au menu, 40 expositions programmées, de nouveaux lieux d’expositions ainsi qu’un focus sur l’Argentine…

L’EDITO de SAM STOURDZÉ, DIRECTEUR DES RENCONTRES D’ARLES

Plus nous pensons les pays fermés, enfoncés plongées dans des crises politiques ou économiques, et plus les photographes sont là. Ils révèlent, racontent, témoignent, inventent, réparent, reconstruisent, avec leur propre langage, celui de l’image. Ils sont les décodeurs des signes annonciateurs des sociétés en plein bouleversement.
La 48e édition des Rencontres de la photographie partage ce goût de l’ailleurs. À travers Arles – ville ville au patrimoine vivant qui, le temps d’un été, se transforme démultiplie en d’étonnants lieux d’accueil de nos expositions – se dessine un parcours qui vous mènera de l’Amérique latine à la Perse d’aujourd’hui, des rives du Bosphore à la frontière syrienne, du château Davignon aux caravanes arlésiennes. En apnée, vous ferez le tour du monde des inondations ; en train, vous vous confronterez à l’immensité du paysage russe ; en Ukraine, vous ramasserez les morceaux de Lénine ; vous réfléchirez au cas Monsanto ; vous suivrez sur vingt ans la vie d’une famille gitane… Du local au global, la 48e édition vous guidera au cœur de la scène colombienne, vous immergera au milieu de la nouvelle génération espagnole, vous initiera au regard oblique de la photographie iranienne ; le tout pour un voyage radical au cœur d’une géopolitique complexe et bouillonnante.

VOIR LE MONDE
En effet, le monde bouge. Rien de nouveau à cela, mais il bouge plus vite encore. Désormais, les images circulent à la vitesse de la lumière. La libération technologique, hier célébrée comme l’appropriation d’une expression directe, fer de lance d’une démocratie toujours plus participative, révèle un autre visage, un autre usage. Elle se met au service de conquêtes populistes. Entrons-nous dans l’ère de la guerre des images où chacun choisit de se faire, alternativement, le diffuseur ou le récepteur de vérités ou de contre-vérités ?
Alors, plus que jamais, nous avons besoin des artistes et de leur réappropriation du temps juste. Ils participent au décryptage, à la contextualisation, à l’émergence d’écritures nouvelles, tandis que le festival amplifie leurs voix, retranscrit leur programme ambitieux, simple et efficace : voir le monde tel qu’il est, tel qu’il pourrait être, tel qu’il devrait être.

MERCI À VOUS !
Et les visiteurs des Rencontres ne s’y trompent pas. En 2016, vous avez été plus nombreux que jamais. En quinze ans, la fréquentation des Rencontres d’Arles a décuplé, témoignant ainsi de l’intérêt croissant du public pour la photographie. La manifestation s’impose désormais comme un rendez-vous annuel, un arrêt sur image, une radioscopie de la création artistique, parce que les Rencontres accompagnent toutes les évolutions de la photographie et qu’elles en sont parfois à l’initiative. Ainsi, la 48e édition réserve son lot de surprises, comme lorsque l’artiste Jean Dubuffet s’approprie et détourne les usages de la photographie, se servant de sa reproductibilité pour dupliquer peintures et dessins, ou lorsque Roger Ballen investit le lieu même de l’exposition pour offrir au visiteur une expérience immersive et ballenesque.
La réalité virtuelle (VR) s’annonce déjà comme le prochain bouleversement technologique. Elle engage de nouvelles écritures, met au défi les représentations, bouscule les codes établis. Elle inspire des auteurs, produit de nouvelles formes. Le festival accompagne ces évolutions majeures liées aux images en créant un nouveau rendez-vous, le VR Arles Festival, désormais présent tout l’été au cloître Saint-Césaire. Les visiteurs pourront ainsi découvrir la vingtaine de films sélectionnés pour la compétition officielle.

TOUS LES ACTEURS DE LA PHOTOGRAPHIE
In fine, nous sommes un festival de photographie au service des photographes. Pourtant, l’art est un écosystème où s’active un grand nombre d’acteurs, de la création à la diffusion, sans oublier la production. Nous nous affirmons, édition après édition, comme terre d’accueil, d’expression et de valorisation de cet écosystème. De par sa visibilité, le festival est une plateforme unique pour la communauté de la photographie, un bien commun au service de tous ses acteurs : les photographes bien sûr, mais aussi les commissaires d’exposition, les chercheurs, les éditeurs, les collectionneurs et, depuis cette année, les galeristes. Les commissaires d’exposition trouvent à Arles un terrain d’expérimentation à la hauteur de leurs ambitions, ; ils sont en 2017 plus de 30 à livrer leur interprétation de la photographie. Les éditeurs sont désormais largement représentés à travers le prix de la maquette de livre et le prix du Livre, tandis que Cosmos-Arles-Book réunit, pendant la semaine d’ouverture, près de 80 éditeurs spécialisés.
De même, la 48e édition poursuit l’intérêt qu’elle porte aux collectionneurs. De l’excellente collection latino-américaine de Letitia et Stanislas Poniatowski à l’étrange ensemble vernaculaire consacré aux nains, géants et hercules rassemblé par Claude Ribouillault, les collectionneurs sont célébrés pour leur esprit libre qui met en lumière des pans négligés de l’histoire de la photographie. Enfin, nous accueillons officiellement des acteurs incontournables de la scène artistique à travers la nouvelle mouture du prix Découverte. En effet, les galeristes, par leur travail de défricheurs, sont souvent les premiers à repérer, soutenir et encourager les talents de demain. Ils sont désormais invités à proposer le projet d’un artiste de moins de 45 ans dont ils estiment que le travail mérite d’être promu auprès d’une audience internationale. Ainsi, dix photographes ont été sélectionnés parmi les 200 candidatures reçues, et sont exposés dès cet été ; reste aux professionnels de décerner le Nouveau Prix Découverte au meilleur d’entre eux, lors de la semaine d’ouverture.
De toute évidence, tous les acteurs de la photographie nourrissent la programmation et renforcent chaque année un peu plus la pertinence des Rencontres d’Arles.

UN ESPRIT, PAS UN LIEU
Cette année, nous ouvrons de nouveaux espaces, au sens propre comme au figuré. En 2017, ce sont deux nouveaux lieux sur lesquels va souffler l’esprit des Rencontres. Tous deux situés sur le boulevard Émile-Combes, bordant le centre historique, ils sont faits de maisons abandonnées, d’anciennes boutiques, d’entrepôts et de jardins urbains. Ouverts pour la première fois au public, ils ont été réaménagés pour l’occasion en lieux d’expositions et de flâneries. Ils perpétuent la réputation qui va si bien aux Rencontres d’Arles de défricheur de la ville.
Mais un espace peut en cacher un autre ! Car plus encore que les mètres carrés, ce sont bien les nouveaux espaces de la photographie qui, plus que tout, mobilisent inlassablement notre énergie : espace de création, espace politique, espace de contestation ou de révolte, espace de réflexion… mais espace livré au regard critique et à la libre pensée. Qu’on se le dise, : avant d’être un lieu, les Rencontres d’Arles sont un espace… de liberté !

Tout le programme ici : https://www.rencontres-arles.com/fr/expositions/

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