« EL BAILE », MATHILDE MONNIER ET ALAN PAULS FONT LEUR BAL

« El Baile » – Mathilde Monnier et Alan Pauls – MC93 Bobigny – du 26 au 28 janvier 2018.

On avait laissé Mathilde Monnier loin des plateaux et à la tête du Centre National de la Danse de Pantin, ce bateau ivre dont la façade en béton s’effrite – tout un symbole !

Elle qui avait juré ses grands dieux quitter la création pour se consacrer entièrement à cette mission de refonte de l’action d’un Centre National conforme à la vision qu’elle se faisait de la Danse confirme avec El Baile que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent…

Et la voici donc partie vers les routes de l’Argentine au moment où il est question de fêter l’anniversaire de la création du Bal, spectacle collectif imaginé par la troupe du Campagnol, alors dirigée par Jean-Claude Penchenat, comédien échappé du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine…

Et pour ceux qui ont eu la chance de voir le spectacle à Chatenay Malabry, où la Compagnie avait posé ses bagages, tous se rappellent le choc qu’avait été ce spectacle sans parole, où les mots auraient été superflus tant le mouvement, les danses, le regard, les gestes étaient largement suffisants pour exprimer les sentiments de ces personnages les uns envers les autres… La force sans doute de ce travail était l’hétérogénéité de la troupe de Penchenat, chose qui manque à El Baile, librement – très librement même – inspiré de ce spectacle mythique qu’était Le Bal.

Le plateau est quasiment nu avec sept chaises de chaque côté… Une grande cage sur roulettes au fond côté cour. On aperçoit derrière une guitare. Le sol fait penser à un gymnase, une salle de danse plus très fraîche… Les femmes rentrent sur le plateau une à une. Sur leurs chaussures à talons siglées, elles prennent place sur leurs chaises et attendent les hommes qui arrivent, finalement. L’ensemble fait aussi bien penser à cette esthétique imposée par des gens comme Alain Platel avec une lumière crue au néon et des personnages hauts en couleur, physiquement engagés, vifs, trop agités presque… On goûte un moment un pur instant du style Monnier d’avant, moins théâtral et plus écrit, où les trios au lointain laissent place à une reprise d’un autre ensemble à la face, le tout très composé comme un problème de math… Puis, très vite, on retombe dans des scènettes très « danse-théâtre » façon atelier d’impro où, malgré l’engagement de certains des danseurs, rien n’est assez fort pour tromper l’ennui qui s’installe et l’attention qui faiblit.

Le pompon revient au final très Pina Bauschien qui met en scène un tango à plusieurs jambes où le spectateur attentif ne peut que repérer ou louer un hommage à la grande chorégraphe de Wuppertal… Alors, il y a une certaine fraîcheur mais on ne comprend pas bien pourquoi Mathilde Monnier fait son retour avec une pièce artistiquement en-dessous de ce qu’elle nous avait habitué à voir et qu’on aimait tant…

Emmanuel Serafini

Photo C. Martin

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