ELOÏSE VAN DER HEYDEN , SES « PRIVATE MYTHS » : UNE ELEGIE A LA FORÊT

Eloïse Van der Heyden – Private Myths – galerie Catherine Putman – 25 Mai – 13 Juillet 2018

Eloïse Van der Heyden s’intéresse aux liens entre l’homme et le végétal, à leur influence et échange réciproque. Le fait que nous sommes tous imprégnés, marqués par l’histoire de l’humanité la guide dans ses créations. Si la forêt est le lieu de mythes, de récits et de légendes qui traversent les siècles, l’artiste crée elle-même ses propres mythes à partir de ses relations à la nature. “Myths are the public dreams and dreams are private myths”(« Les mythes sont des rêves collectifs et les rêves sont des mythes personnels »), comme le dit si bien l’écrivain américain Joseph Campbell*. Elle nous raconte que les récits collectifs fondent notre histoire personnelle et vice-versa. Et nous grandissons en prenant le temps de s’inventer nos rêves, de voyager à travers nos pensées.

Pour son exposition à la galerie Catherine Putman, Eloïse Van der Heyden propose un environnement végétal, entre mondes intérieur et extérieur : Des portraits de personnes qui rêvent d’images de branches, songent à des forêts traversées, des images qui restent gravées en mémoire.

Des monotypes sur papier montrent des robes qui ont pris l’empreinte de plantes. Féériques, celles-ci font écho à la forêt, lieu des merveilles et de la connaissance de soi. Le procédé artistique convoque la mémoire, l’impression d’un souvenir, un moment qui marque l’individu et lui permet de grandir. Notre corps s’imprègne en effet des sensations ressenties lors de promenades, au contact de la nature.

Des dessins, aquarelles, gravures de branchages, de troncs, de fleurs et de feuillages composent cette forêt mystérieuse ; des œuvres qui ravivent la mémoire de lieux parcourus.

Un grand dessin d’arbres laisse imaginer une forêt d’où pourraient venir des esprits. Au sol, un dessin de loup, animal, gardien des lieux attire le regard et sur une étagère trône une petite sculpture en céramique d’un personnage féminin, princesse, fée des bois. Un récit se dessine, celui de l’osmose de l’individu avec la nature.

Une petite construction fait penser à un château de conte de fée ou à une cabane, lieu de refuge où l’on se raconte des histoires. Et les contes nous emmènent à grandir, caractérisent des forêts, fondent l’identité de territoires et l’envie de s’y promener. Eloïse Van der Heyden invite à plonger dans ce milieu, où la magie opère.

La seconde partie de l’exposition est fondée sur le livre-objet. L’artiste a posé son regard et ses encres sur les plantes et a composé un ensemble d’œuvres, dessins de corps et de végétaux. Elle propose ici de mêler des moments d’intimité et des plantes observées. Elle révèle ainsi combien notre corps adhère à la nature. Pour cette réalisation elle a collaboré avec le philosophe italien Emanuele Coccia qui lui a offert un texte.

Ainsi, Eloïse Van der Heyden plonge le visiteur dans un univers végétal, où la forêt est le lieu de ressources, de recentrement, d’apprentissage et de plaisir d’une attention à la beauté des matières.

Pauline Lisowski

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