FESTIVAL D’AVIGNON : « LA ROSE EN CERAMIQUE », L’AUTEUR EST SON DOUBLE

72e FESTIVAL D’AVIGNON – Sujets à Vif – Programme A : « La rose en céramique » – Scali Delpeyrat et Alexander Vantournhout / « L’invocation de la muse » – Caritia Abell et Vanasay Khamphommala.

« La rose en céramique » : L’auteur est son double.

Autant dire que cette livraison matinale du « Sujets à vif » est tout à fait à la hauteur de ce que peut produire ce projet initialement proposé à l’origine par la danse mais qui, comme toutes les bonnes et belles idées, s’est fait happer par la musique, le théâtre et même le cirque au point que le premier opus qui ouvre la séance rassemble un acteur de talent, ici aussi auteur et un circassien, comme on dit…

Une idée simple mais une idée géniale : l’acteur est manipulé par le circassien comme le sont les marionnettes, notamment les japonaises comme celle du Bunraku, ce qui donne un sens tout différent aux gestes et mouvements puisque au lieu d’être seulement portés par la force du bras d’un seul, ils sont soutenus par l’influx du bras de l’autre qui, finalement, le soutien…

Alexander Vantournhout grand, chauve, maigre et sec excelle dans les contorsions qui lui permettent de se trouver là où le bras doit tomber pour faire le bon geste, le geste bien différent lorsque les choses sont « intéressantes » de celles qui ne sont « pas importantes »…

Scali Delpeyrat est hilarant et juste dans un texte qu’il dit comme une page de sa vie, une autofiction qui mélange plusieurs niveaux de confidentialités qui rend le spectacle très touchant. Une petite tranche de vie, simple, et qui finit mal car, c’est bien connu « plus on laisse passer, moins s’est remarqué ». Pendant ce temps, Alexander Vantournhout, joue avec un contrepoids qu’il le permet de se propulser dans des tours aussi amples que solides. Très beau.

« L’invocation de la muse » : Le sujet très à vif !

Autre ambiance avec cette « Invocation à la muse » qui voit Vanasay Khamphommala devenir un objet sexuel et sensuel de Caritia Abell, spécialiste de BDSM nous dit la notice du programme, en tous les cas, elle cache bien son jeu. Arrivée dans une robe verte transparente, elle se saisi de son partenaire qu’elle dessape en un clin d’œil pour lui faire subir tout un tas de sévices qui vont du pire – un bon coup de ceinturon à midi, ça fouette le sang ! – au meilleur avec force caresses de fleurs et autres attouchements… Baigné de mots, Vanasay Khamphommala, semble surpasser sa douleur et s’accommoder de son statut d’objet… On indique des tournées… pas sûr que midi soit la bonne heure pour une expérience que je verrais bien plus la nuit dans une cave que dans un jardin avec la vierge à laquelle cette année, malgré la nécessité, on n’a pas bandé les yeux. A ne pas mettre entre toutes les mains, donc.

Emmanuel Serafini

Image : « La rose en céramique », photo Audrey Scotto – copyright INFERNO 2018

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