« URBAINES SOLITUDES », MIROIR DE L’ABSOLUE SOLITUDE

« Urbaines Solitudes », exposition photo de N_VR – Natalie Victor-Retali – prend place dans l’exposition collective éponyme « Urban Solitude » sous le commissariat de Christian Depardieu, Galerie Depardieu à Nice (6, Rue Docteur Jacques Guidoni) du 10 janvier au 2 février 2019.

Mais de qui sont-ils le nom, ces femmes et ces hommes surpris de dos dans une immobilité fascinante faisant écho aux paysages miroirs vides de toute existence qui s’étendent devant eux comme les reflets de leur humanité suspendue au fol espoir de renaître de ses cendres ? Visages-Paysages dérobés au flux du temps d’où la vie aurait fui vers quelque contrée inconnue d’eux, ultimes rêves éveillés d’une humanité en voie de déliquescence. Il y a là, dans ces silhouettes absorbées par le trou noir de l’objectif de N_VR, des pulsions de vie que l’on devine en attente d’un je ne sais quoi qui les extrairait de cette stupeur de lave semblant les avoir momifiés à jamais.

Quelles que soient les métropoles, la taille de leur territoire et l’empreinte de celui-ci sur le globe terrestre, ces étendues désertées paraissent toutes offrir le même désarroi, le même reflet du vide de ces vies minuscules prises dans les rets de tentaculaires solitudes urbaines. De Buenos Aires à Saint- Pétersbourg, de Marseille à Bordeaux en passant par Arles, Aix en Provence et Berlin, sourd le même sentiment d’incomplétude générant les mêmes cris rentrés de détresse, toute tentative d’appel étant par avance destinée à ne trouver aucun écho.

De cette mélancolie picturale surgie de quelques failles spatio-temporelles captées – presque – incidemment par la photographe, ressort une inquiétante étrangeté renvoyant à celle ressentie lors de la projection des plans fixes de La Jetée de Chris Marker. Ce sentiment, qui préexistait avant que « la pellicule » ne le révèle, a quelque chose à voir avec le « sentiment océanique » dont parlait si bien Romain Rolland : l’impression fugace d’appartenir à un univers plus grand que soi qui se joue de l’intégrité de chacun en lui tendant le miroir de son absolue solitude.

Yves Kafka

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