L’ARCHITECTURE AUX PIEDS D’ARGILE DE PASCAL RAMBERT

FESTIVAL D’AVIGNON. « Architecture » – Texte, mise en scène et installation Pascal Rambert – Cour d’honneur du Palais des Papes – 4-13 juillet 2019 22h.

Avertissement : Une fois n’est pas coutume, nous publions deux visions de la pièce d’ouverture du 73e festival d’Avignon, qui fut extrêment décevante pour la majorité de nos chroniqueurs qui l’ont vue -à l’exception notable de l’un d’entre eux- comme pour le public qui fut loin de plébisciter cette création pour la Cour de Pascal Rambert. La Cour est souvent casse-gueule et il faut avoir la force et le talent d’un Simon McBurney, par exemple, pour la maîtriser totalement… Nous avons donc longtemps hésité à publier le moindre papier sur cette oeuvre, puis finalement avons opté pour le contradictoire : Ce sont donc deux avis divergents, qui sans soulever une controverse stérile, ont le mérite de confronter deux sensiblités opposées.-La rédaction.

L’ARCHITECTURE AUX PIEDS D’ARGILE DE PASCAL RAMBERT

Quel bonheur d’assister à une pièce dans la Cour d’honneur du Palais des Papes ! Quelle éblouissante distribution d’acteurs : Jacques Weber, Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Anne Brochet, Marie-Sophie Ferdane, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey (excellent), Denis Podalydès et Laurent Poitrenaux. Et surtout quelle joie de trouver une création de Pascal Rambert en ce début de la 73ème édition du Festival d’Avignon ! Que de belles promesses ! Dans la douceur de la soirée, après une journée caniculaire, les spectateurs affluent, joyeux, nombreux, les sièges sont tous pris, strapontins inclus. Devant, la scène est belle, sobred’une blancheur immaculée.

Dès l’incipit, c’est Jacques Weber, tout de blanc vêtu, qui ouvre la pièce dans un (très) long monologue aux côtés de l’ensemble des acteurs statiques. Des mots, il y en a beaucoup , de la mise en scène très peu (elle est de Pascal Rambert lui-même), du rythme il n’y en pas du tout . Quelle déception dès la première heure d’un spectacle qui durera trois heures trente. Même l’arrivée d’un cheval sur scène ne permettra pas au spectateur de sortir de sa torpeur.

Et pourtant, le thème de la pièce, mêlant actualité et une réflexion historique européenne racontant l’odyssée d’une famille d’intellectuels au XXème siècle, était prometteur. Mais cettehistoire d’une famille écrasée par un patriarche omnipotent (Jacques Weber) dans la Vienne d’avant la première guerre mondiale, en proie au début du fascisme manque de fil rouge et surtout de rythme. Les dialogues sont décousus, poussifs. Pas de fresque historique donc, qui aurait pu peut-être trouvée le secours de la vidéo. Seuls beaux (mais trop courts) moments de théâtre, comme on les aime, l’opposition père-fils entre Stanislas Nordey,incarnant le philosophe Wittgentstein, et son père Jacques Weber(d’une présence intense et majestueuse). Autres moments, que Pascal Rambert rend magnifiquement, ce sont les conflits amoureux, au sein de cette famille qui se déchire comme l’histoire avec un grand H, avec des répliques piquantes parfois brutales, mais trop courtes.

Une déception pour cette « Architecture » qui n’a de belle que celle de la cour d’honneur du Palais des Papes.

Colombe Warin
vue le 7 juillet

Avec Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Anne Brochet, Marie-Sophie Ferdane, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey,Denis Podalydès sociétaire de la Comédie-Française et Pascal Rénéric (en alternance), Laurent Poitrenaux, Jacques Weberet Bérénice Vanvincq

Photo Festival d’Avignon

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