GEORG BASELITZ, « FREITAG WAR ES SCHÖN », THADDAEUS ROPAC SALZBURG

Georg Baselitz – Freitag war es schön – 1 April—25 May 2021 – Thaddeus Ropac Gallery, Salzburg (Villa Kast & Online)

Georg Baselitz’s new series of works comprises portraits of his wife Elke, whose image has occupied a prominent position in the development of his practice for over 50 years. Created in his new studio in Austria, this series shows Elke enthroned on a stage-like construction against an unusually neutral background. Her figure stands out, pastose and multipartite, evoking existentialist connotations through her solitary suspension in the undefined space.

The works reveal Baselitz’s ongoing conceptual exploration of his personal style, as well as subtle art-historical references, such as allusions to German Expressionism, French Art Informel and the freedom of American abstract painting. The geometric structure of the platform, the rich colours and her dominating physical presence are reminiscent of Francis Bacon’s seminal pope paintings. Bacon, too, focused for years on a single subject – that of the pope as depicted by Diego Velázquez.

Baselitz paid explicit homage to Bacon’s first paintings of the Pope. Dissatisfied with installing her on the throne of Pius XII, he made Elke the colour of the papal chasuble. — Didier Ottinger

While in Bacon’s work hidden internal states are revealed by deformations, Baselitz intensifies the intimacy and sensuousness of his motif in the heightened abstraction he achieves through his technique. The works were created through the transfer of colour, thereby evoking associations with Andy Warhol’s series of Rorschach paintings and Blotted Line Drawings, as well as with Roy Lichtenstein’s frozen Brushstrokes. He introduces an element of chance into his compositions and offers a reflection on the meaning of painting itself.

Baselitz defamiliarises and abstracts his subject; however, due to the expressiveness of the representation, this forfeits nothing of its narrative effect. Elke is presented to the viewer in a variety of colourations; sometimes polychromatic on a white surface, sometimes golden yellow on a dark canvas. As early as the 1960s, in the course of his visits to Paris, Baselitz saw the works of Jean Fautrier, Jean Dubuffet, Eugène Leroy and Wols and was fascinated by them. The material aesthetics of these artists have continued to influence Baselitz’s practice ever since, which is particularly evident in this new series of works.

In addition to the portraits, the exhibition presents a series of fire-gilded bronze feet, a subject which is another constant in the canon of Baselitz’s motifs. Even very early groups of works, such as the P.D. Füße series (1960–63), show serial variations on the subject. These representations of feet reveal the combination of personal experience and a historical view of the apocalyptic world of post-war Germany. For Baselitz, feet, as signifying direct contact with the earth, also symbolise a connection with his historical roots: I have created from this a philosophy which states that my contact does not reach upwards to heaven. In Christian Europe, this is the only contact. The one reaching downwards – to hell – is something that causes fear. My contact reaches downwards. I am a northern Alpine being, not to say a Teuton.

Following recent comprehensive exhibitions at the Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington, D.C. and the Fondation Beyeler in Riehen, near Basel, to mark Baselitz’s 80th birthday in 2018, the Centre Pompidou in Paris will present the artist’s largest retrospective to date in 2021. This year will also see solo exhibitions at the Fondazione Emilio e Annabianca Vedova and the Palazzo Grimani in Venice, as well as the artist’s acceptance into the Académie des beaux-arts in France.

The exhibition will be accompanied by a fully illustrated catalogue with an essay by Didier Ottinger, Deputy Director of the Musée National d’Art Moderne, Centre Pompidou, Paris and curator of the acclaimed monographic Francis Bacon show in 2019.

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La nouvelle série d’œuvres de Georg Baselitz comprend des portraits de sa femme Elke, dont l’image occupe une place prépondérante dans le développement de sa pratique depuis plus de 50 ans. Créée dans son nouvel atelier en Autriche, cette série montre Elke trônant sur une construction scénique sur un fond inhabituellement neutre. Sa figure se détache, pastose et multipartite, évoquant des connotations existentialistes par sa suspension solitaire dans un espace indéfini.

Ces œuvres révèlent l’exploration conceptuelle permanente du style personnel de Baselitz, ainsi que de subtiles références à l’histoire de l’art, comme des allusions à l’expressionnisme allemand, à l’art informel français et à la liberté de la peinture abstraite américaine. La structure géométrique de la plate-forme, la richesse des couleurs et la présence physique dominante de l’artiste ne sont pas sans rappeler les peintures séminales de Francis Bacon sur les papes. Bacon, lui aussi, s’est concentré pendant des années sur un seul sujet, celui du pape tel qu’il est représenté par Diego Velázquez.

« Baselitz a rendu un hommage explicite aux premières peintures du pape réalisées par Bacon. Mécontent de l’avoir installée sur le trône de Pie XII, il a donné à Elke la couleur de la chasuble papale. »- Didier Ottinger

Alors que dans l’œuvre de Bacon, les états internes cachés sont révélés par des déformations, Baselitz intensifie l’intimité et la sensualité de son motif dans l’abstraction exacerbée qu’il obtient par sa technique. Les œuvres ont été créées par transfert de couleur, évoquant ainsi des associations avec les séries de peintures de Rorschach et de dessins de lignes tachées d’Andy Warhol, ainsi qu’avec les coups de pinceau gelés de Roy Lichtenstein. Il introduit un élément de hasard dans ses compositions et propose une réflexion sur le sens de la peinture elle-même.

Baselitz défamiliarise et abstrait son sujet ; cependant, en raison de l’expressivité de la représentation, il ne perd rien de son effet narratif. Elke est présentée au spectateur dans une variété de colorations ; tantôt polychrome sur une surface blanche, tantôt jaune d’or sur une toile sombre. Dès les années 1960, au cours de ses visites à Paris, Baselitz a vu les œuvres de Jean Fautrier, Jean Dubuffet, Eugène Leroy et Wols et en a été fasciné. L’esthétique matérielle de ces artistes a continué à influencer la pratique de Baselitz depuis lors, ce qui est particulièrement évident dans cette nouvelle série d’œuvres.

Outre les portraits, l’exposition présente une série de pieds en bronze doré au feu, un sujet qui constitue une autre constante dans le canon des motifs de Baselitz. Même les premiers groupes d’œuvres, comme la série P.D. Füße (1960-63), présentent des variations en série sur ce sujet. Ces représentations de pieds révèlent la combinaison d’une expérience personnelle et d’une vision historique du monde apocalyptique de l’Allemagne d’après-guerre. Pour Baselitz, les pieds, qui représentent un contact direct avec la terre, symbolisent également un lien avec ses racines historiques : J’ai créé à partir de cela une philosophie qui affirme que mon contact ne s’élève pas jusqu’au ciel. Dans l’Europe chrétienne, c’est le seul contact. Celui qui va vers le bas – vers l’enfer – est quelque chose qui fait peur. Mon contact va vers le bas. Je suis un être du nord des Alpes, pour ne pas dire un Teuton.

Après les récentes expositions complètes au Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, à Washington, D.C., et à la Fondation Beyeler à Riehen, près de Bâle, à l’occasion du 80e anniversaire de Baselitz en 2018, le Centre Pompidou à Paris présentera la plus grande rétrospective de l’artiste à ce jour en 2021. Cette année verra également des expositions personnelles à la Fondazione Emilio e Annabianca Vedova et au Palazzo Grimani à Venise, ainsi que l’admission de l’artiste à l’Académie des beaux-arts en France.

L’exposition sera accompagnée d’un catalogue entièrement illustré avec un essai de Didier Ottinger, directeur adjoint du Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris, et commissaire de la célèbre exposition monographique Francis Bacon en 2019.

Images: 1- Georg Baselitz – Freitag war es schön – 2020 / 2- Georg Baselitz – Xray lila – 2020 / 3-Georg Bzselitz – Die reihen – 2020 – copyright the artist – Thaddaeus Ropac Gallery

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