JOAN MIRÒ, LA REALITE ABSOLUE, GUGGENHEIM BILBAO

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JOAN MIRÒ – La réalité absolue – Paris, 1920–1945 – Commissaire : Enrique Juncosa – Du 10 février 2023 au 4 juin 2023 -Musée Guggenheim Bilbao.

Le Musée Guggenheim Bilbao présente Joan Miró. La réalité absolue. Paris, 1920-1945 une exposition qui retrace la trajectoire de l’un des artistes les plus importants du XXe siècle, entre 1920 et 1945. Cette période fondamentale dans l’œuvre de Miró (Barcelone 1893 – Palma de Majorque 1983) débute avec son premier voyage à Paris, ville clé pour son œuvre et dans sa biographie. Elle s’achève l’année où, après avoir terminé ses Constellations (1940-1941), à un moment il peint très peu, Miró crée une grande série d’œuvres sur fond blanc qui consolide son langage de signes flottants sur des fonds énigmatiques.

Les 25 années de carrière retracées par cette exposition témoignent d’un bouillonnement constant d’idées nouvelles, des débuts du réalisme magique au langage des signes constellés. Au cours de ces évolutions, l’intérêt de Miró pour l’art préhistorique s’impose, notamment pour les peintures rupestres, les pétroglyphes et les statuettes, comme en font part ses propres carnets dans lesquels il affirme son ambition de revenir aux sources de l’art pour en retrouver le sens spirituel originel.

L’œuvre de Miró est célébrée pour ses innovations formelles, développées dans le contexte des premières avant-gardes, notamment le dadaïsme et le surréalisme. À cet égard, il est considéré comme l’un des précurseurs de l’expressionnisme abstrait. Fasciné par ses visions et ses rêves, Mirò s’intéresse également aux questions spirituelles. Plus récemment, d’aucuns ont mis en lumière les aspects politiques de son œuvre, et notamment sa ferme opposition à la dictature franquiste et sa sympathie pour le nationalisme catalan de l’époque.

L’œuvre de Miró constitue en soi un projet « mytho-poétique » exemplaire, une constante métamorphose du vécu en art. Miró rejette l’idée d’abstraction pure aussi résolument qu’il ignore le réalisme traditionnel, affirmant que toutes les marques peintes sur ses toiles correspondent à des entités concrètes, ancrées dans une réalité profonde, parties intégrantes de la réalité elle-même. Une telle idée fait notamment référence à une phrase d’André Breton, chef de file du surréalisme, qui évoquait une nouvelle réalité absolue incorporant le monde intérieur des artistes et des poètes à la réalité extérieure. Pour sa part, Paul Klee, artiste admiré par Miró, définissait son œuvre comme abstraite, mais dotée de souvenirs, ce qui revient à dire qu’en art, le réel est un réel transformé par la mémoire. Dans la revue Cahiers d’Art Miró affirmait d’ailleurs en 1939 : « Si nous ne nous efforçons pas de découvrir l’essence religieuse, le sens magique des choses, nous ne ferons qu’apporter de nouvelles et innombrables sources d abrutissement à celles qui sont aujourd’hui offertes aux peuples. »

Certaines autres idées de Mirò, comme la référence à « l’assassinat de la peinture », proclamé à la fin des années vingt, à une époque où Miró peint néanmoins sans cesse, continuent aujourd’hui d’intriguer, car elles sont annonciatrices de l’art conceptuel. Quarante ans après sa disparition en 1983, son œuvre, qui n’a rien perdu de son caractère énigmatique, continue de susciter intérêt et fascination.

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