ICY & SOT : DEUX STREET ARTISTS QUI AFFRONTENT l’IRAN AVEC LEURS OEUVRES

TEHERAN, TABRIZ : Street-Art à l’Iranienne.

En Iran, l’art est une arme. Et particulièrement l’art de rue, qui avec les frères Icy & Sot, originaires de Tabriz au nord du pays, a trouvé ses héraults. Avec, en prime, une sérieuse dose d’humour, autre arme redoutable pour tous les molhas du monde.

A coup de bombes de peinture ou de sculptures géantes, comme cette canette Coca-Cola opportunément installée à Téhéran après que le président ait lançé une fatwa contre la marque américaine, Icy & Sot revisitent l’art de rue à leur manière provocatrice et joueuse.

A l’instar des Bansky ou autres Dolk, les deux jeunes iraniens ont vite pigé la force des images de rue, dans un pays où celles-ci n’ont que peu d’endroits où s’exprimer librement. Leurs actions très réactives, comme celle visant un autre interdit du gouvernement qui considère que boire une bière en pleine rue est un crime, mettent à mal le discours étatique qui produit à l’envi une multitude d’interdictions et de leçons à propos de tout et de rien, une morale à l’iranienne qui fait long feu.

Car l’Iran n’est pas forcément cette dictature horrible telle que les occidentaux veulent la voir. Certes, la répression politique y est omniprésente, mais une certaine dose de permissivité relative, judicieusement installée par le pouvoir, suffit à ne pas étouffer totalement la population ni ses artistes. Les images existent qui passent y compris à l’Occident, il suffit de voir l’excellente santé du cinéma iranien pour le constater. Et les artistes, dans les interstices certes, arrivent tout de même à s’exprimer, sans pour autant terminer sous les pierres de la lapidation.

Un infra-mince espace de liberté qui autorise les deux frères à braver le pouvoir, comme d’autres artistes de leur âge, musiciens punk ou performers qui réussissent, malgré les difficultés, à se faire entendre un peu. Et à regonfler toute leur génération, qui n’a jamais connu la révolution islamique et qui, de plus en plus lassée par l’obscurantisme et les provocations de ses dirigeants, n’est plus très loin de parvenir à s’émanciper enfin de ses chaînes.

Ludivine Michel

IN WALLS / street artists from Tabriz-IRAN / Nov.2011 from ICY And SOT on Vimeo.

Visuels : Icy & Sot, dans les rues de Tabriz et Teheran. copyright Icy & Sot 2012.

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