LES VINGT ANS DE LA MAISON ANTOINE VITEZ AU PRINTEMPS DES COMEDIENS

Journal infernal du Printemps des Comédiens à Montpellier (2) : Les 20 ans de la Maison Antoine Vitez

Créée en 1992 par Jacques Nichet, alors directeur du C.D.N de Montpellier, la Maison Antoine Vitez est le centre international de traduction théâtrale en France. L’association, logée plusieurs années à Montpellier et recentralisée à Paris depuis deux ans, fête aujourd’hui ses vingt ans de bons et loyaux services à la langue théâtrale sous toutes ses formes.

Parmi ses actions, la Maison Antoine Vitez :
• assure un rôle de veille dans la majeure partie des pays du monde en établissant des comités de sélection à travers les cinq continents pour se faire l’écho de la création littéraire en théâtre et performances dans le monde,
• impulse, provoque, finance des traductions de textes contemporains afin de faire connaître en France de grands auteurs (Howard Barker, Franz-Xaver Kroetz, Hanokh Lévin, Angélica Liddell sont des auteurs découverts par les traducteurs qui les ont imposés en France).
• diffuse ses textes auprès du public, des programmateurs, des éditeurs et des metteurs en scènes français par l’intermédiaire (entre autres) de comités de lectures (trois à ce jour, le comité de Lecture Languedoc-Roussillon étant le plus ancien).
• Mutualise les moyens et les énergies des différents traducteurs, qui sont souvent seuls et qui peuvent bénéficier d’un soutien humain, logistique et financier par l’intermédiaire de bourses.

Pour la deuxième année, le Printemps des comédiens s’associe à la M.A.V. pour donner des lectures en espaces de textes, notamment la sélection du comité de lecture L.R. de l’année. Anniversaire oblige, la 26e édition du Printemps propose trois événements, orchestrés de main de maître par Dag Jeanneret :

20 ans, 20 auteurs, 20 pays, 20 voix fut proposé le Lundi 11 Juin de 19h à 23h. Sous une pluie battante d’apocalypse, la centaine de spectateurs s’est déplacée de la pinède au Théâtre d’O, le bruit de la pluie empêchant totalement d’entendre quoi que ce soit. De l’Uruguayen Carlos Liscano au Chinois Qiu Shenrong en passant par l’Algérien Abdelkader Alloula, tous les continents sont passés en revue et cette kyrielle de mots ouvre nos oreilles pour nous faire entendre les bruits du monde. Les six comédiens au plateau portent les textes avec conviction, notamment Élodie Buisson et Frédérique Dufour qui réussissent en quelques minutes à nous plonger le cœur battant dans une esthétique, une ambiance, une œuvre. On serait bien resté toute la nuit encore à écouter ses traductions tout en dégustant vins et tartes, offerts par la Maison.

• Lecture en espace de Quartier 3, destruction totale de Jennifer Alley Lundi 18 Juin à 19h. Ce que nous retenons de ce côté de l’Atlantique de l’imaginaire américain n’est pas forcement le meilleur des États-Unis d’aujourd’hui. En termes d’écriture théâtrale, les deux côtes américaines tracent deux chemins très opposés : la côte Est que nous connaissons bien : New-York et Broadway proposent des textes « well made » qui racontent de belles et bonnes histoires. A Los Angeles où elle vit, Jennifer Halley et son Quartier 3 n’est pas du tout de ce genre-là. L’histoire mêle habillement monde réel avec parents dépassés et monde virtuel avec ados dépassant toutes les bornes. Les deux récits s’enchâssent et le quartier trois à détruire devient celui des habitations réelles de ce groupe d’ados.

• De même que le texte de Jennifer Halley, celui de Rasmus Lindberg présenté lundi 25 Juin à 19h vient de paraître aux éditions Espaces 34. Sabine Chevalier, directrice éditoriale engagée, milite pour défendre la vivacité de l’écriture contemporaine des textes d’auteurs régionaux (David Léon, Jean Renaert, Max Rouquette), nationaux (Claudine Galéa, Claire Ringarde, Sébastien Joanniez) et depuis quelques années internationaux (Célestini, Vekemans…). Plus vite que la lumière commence par un chat qui tombe, s’arrête en suspension et commente sa position inconfortable. Le texte nous emmène dans une Suède drôle et surréaliste et nous fait découvrir une autre façon d’écrire, de décrire et de penser le monde. C’est vers ces questionnements qu’amène la Maison Antoine Vitez, qui déplace notre façon franco-française de penser et de voir l’art dramatique et nous apporte une vision d’un monde plus compliqué (et donc plus beau) qu’il n’y paraît.

Bruno Paternot

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