EXPLOSIÒ ! L’HERITAGE DE JACKSON POLLOCK A LA FONDATION MIRO

Correspondance à Barcelone.
BARCELONE : Explosió! El llegat de Jackson Pollock / Fondation Miró Barcelona / Du 24/10/2012 au 24/02/2013.

la Fondation Miró à Barcelone propose depuis le 24 octobre dernier une ambitieuse exposition autour de l’héritage de Jackson Pollock. « Explosió! El llegat de Jackson Pollock » entend réfléchir sur l’influence conséquente que l’artiste américain aura eu sur ses contemporains jusqu’aux générations plus jeunes. Un aéropage exceptionnel d’artistes internationaux est réuni pour cette occasion, parmi lesquels Jackson Pollock, Yves Klein, Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Allan Kaprow, Andy Warhol, Lynda Benglis, Saburo Murakami, Bruce Nauman, John Baldessari et Paul McCarthy.

Jackson Pollock en étalant sur le sol un morceau de toile en en le recouvrant de son « dripping » a révolutionné l’histoire de l’art. Un geste radical, qui mettait fin à la traditionnelle verticalité du tableau, et une volonté farouche d’éradiquer la peinture traditionnelle. Pollock passait alors du geste du peintre accomplissant le tableau en vue de sa contemplation, à la nécessité d’intégrer son process, sa fabrication, comme but en soi. En cela, il privilégiait le processus de création au détriment de l’oeuvre terminée dont la simple destination contemplative ou décorative cessait d’avoir son importance.

Le dripping était autant un processus de destruction que de création. Le geste du peintre sur la toile s’apparente alors plus à une performance chorégraphiée, un ballet explosif dont la trace résiduelle constitue l’oeuvre accrochée aux murs des musées. Une Action-Painting qui a radicalisé l’art et en a bouleversé la donne, comme un gigantesque coup de pied aux vieilles pratiques et aux lunes de la représentation.

« Explosion ! L’héritage de Jackson Pollock », dont la première version fut réalisée au Moderna Museet de Stockholm, présente une soixantaine d’œuvres de 35 artistes qui ont marqué l’art de ces 50 dernières années, et entend réfléchir sur ce geste fondateur de Pollock et les conséquences incroyables qu’il a eu pour l’art contemporain. La plupart des œuvres exposées a une histoire singulière et a fait l’objet de scandales ou de multiples controverses. Ainsi du groupe GutaΠou d’Alan Kaprow, de Niki de Saint Phalle et d’Andy Warhol, d’Hermann Nitsch et de ses Actionistes viennois ou de Robert Raushenberg.

«L’expressionnisme abstrait de l’Action-Painting propose un décapage de l’âme de l’artiste, mais il permet aussi d’enregistrer ses gestes et ses mouvements physiques, et dans les années 1950 et 1960 l’aspect gestuel est devenu de plus en plus extrême et fondamental», commente le commissaire de l’exposition Magnus af Petersens. L’exposition rend compte de cette radicalité au travers d’oeuvres révolutionnaires, qui toutes d’Yves Klein à Herman Nitch se seront nourries à leur façon de l’extraordinaire rupture du dripping de Pollock, un geste prescient qui aura bouleversé l’histoire de l’art.

Almelio Perez

Visuels : 1/ Saburo Murakami, Muttsu no ana (Six Holes), 1955/2006. Installation view from Explosion! Painting as action, 2012, © Photo: Albin Dahlström / Moderna Museet 2/ Jackson Pollock, Painting (Silver over Black, White, Yellow and Red), 1948 © héritiers Jackson Pollock 2012. 3/ Jackson Pollock dans son atelier © héritiers Jackson Pollock 2012.

Comments
3 Responses to “EXPLOSIÒ ! L’HERITAGE DE JACKSON POLLOCK A LA FONDATION MIRO”
  1. Pascal Rousse dit :

    Reblogged this on @phorismes and commented:
    Cette exposition n’est pas, pour le moment, destinée à se produire à Paris. C’est bien dommage, car elle livre la matrice de ce qu’on nomme Art contemporain.
    Il faut cependant ajouter qu’en elle-même la peinture de Jackson Pollock n’aurait très probablement joué un tel rôle sans la rencontre avec Hans Namuth. Car, ce sont les photographies de ce cinéaste et ses films, c’est la captation et la diffusion de ces images (jusque dans le magazine Vogue en 1967 !) qui va enclencher ce que l’on peut nommer la révolution du geste, selon l’expression de Philippe Sers.
    C’est Allan Kaprow qui en tirera toutes les conséquences dès 1958 dans son texte « L’héritage de Jackson Pollock ».

  2. Pascal Rousse dit :

    Cette exposition ne passera pas par Paris ?

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