SOCIETAS RAFFAELLO SANZIO / BUCHETTINO : « Lorsqu’il n’y a aucune représentation, c’est alors que jaillissent les vraies représentations »

Buchettino / Sociétas Raffaello Sanzio / Claudia Castellucci / Du 22 octobre au 2 novembre au Théâtre des Abbesses / Prochaines représentations au Teatro Franco Parenti, Milan, du 20 novembre au 2 décembre 2012.

« Tu n’entreras pas dans l’église de Sainte-Sophie à Constantinople sans révolution. Habitué du théâtre, éloigne-toi, il n’y a pas d’images pour toi ici. Il n’y a rien à voir qui puisse être commenté du point de vue esthétique. Face au monde, éloigne-toi, ici, on ne raconte pas d’histoires biographiques traditionnelles. Viens, toi qui veux combattre le fait d’être né, et le fait de te trouver ici, et le fait d’utiliser ces instruments d’ici. Ceci est le théâtre qui refuse la représentation. » (« Lorsqu’il n’y a aucune représentation, c’est alors que jaillissent les vraies représentations » – cette phrase n’est pas de moi.) – Claudia Castellucci

La Societas Raffaello Sanzio propose un spectacle incroyable auquel on assiste couchés dans de petits lits en bois. La comédienne Silvia Pasello nous accueille dans une chambre sombre au son d’un « Venez les enfants, couchez-vous ! » Chacun se retrouve ainsi au lit, dans de bonnes conditions d’intimité bien qu’entouré par des inconnus. Cette posture pour le moins inhabituelle se révèle particulièrement adéquate pour écouter, dans une sorte de régression enfantine, une histoire où les paroles des adultes se mêlent à celle d’animaux, d’ogres et de sorcières.

A la lumière d’une simple ampoule, la conteuse récite, d’une voix rassurante et douce, les aventures de Buchettino, un conte inspiré du Petit Poucet de Perrault. La pénombre est envahie de bruits divers, celui des petits cailloux, des gémissements de la forêt, des pas terribles et de l’halètement de l’ogre. La chambre du spectateur, sans cesse secouée par cette tempête de sons, reste à l’abri des forces extérieures comme à l’intérieur d’un navire.

La Societas Raffaello Sanzio, installée à Cesena dans une ancienne ferronnerie, développe un art théâtrale original et iconoclaste. Il s’agit de forger « une langue de plateau » capable de révéler, à travers une énergie des corps, la présence vitale et concrète des êtres, de la matière, de leur mouvement et de leurs sons. La mise en scène s’impose au spectateur comme un voyage initiatique qui reste gravé dans la mémoire sensorielle.

Sous la conduite de Chiara Guidi, la Societas a aussi créé une école expérimentale de théâtre pour les enfants. Il s’agit d’une forme de laboratoire qui ramène le théâtre à quelques enjeux essentiels : amener les enfants à découvrir leur propre imaginaire, éprouver une expérience différente du quotidien. Parallèlement à cette démarche, la compagnie a conçu un répertoire autour des fables de l’enfance, et développe une recherche sonore et visuelle.

Camilla Pizzichillo

Sociétas Raffaello Sanzio / Prochaines représentations au Teatro Franco Parenti, Milan, du 20 novembre au 2 décembre

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