CUANDO YO ERA : QUAND LA YERBABUENA DANSE LA GUERRE D’ESPAGNE…

EVA-YERBABUENA-CYE-3-JeanLouisDUZERT[1]

EVA YERBABUENA : Cuando yo era / Festival Flamenco de Nîmes 2013 / Théâtre de Nîmes / a été donné le 11 janvier 2013.

Quand on réserve sa place pour « Cuando yo era » (ce qu’il a fallu faire dès l’ouverture de la billetterie, les quelques 791 places étant parties en quelques jours), on appelle pour LA Yerbabuena, grande prêtresse de la danse Flamenca qui fait la fureur du moment. Ses spectacles obtiennent des prix de mise en scène (notamment le prestigieux prix de la 16e Biennale de Flamenco de Séville en 2010) car ils ont une dramaturgie qui porte un sens supplémentaire à la danse et à la musique.

Cuando yo era, le spectacle présenté vendredi 11 Janvier à 20h au Théâtre de Nîmes comporte 8 séquences qui nous amènent dans un petit village pendant la Guerre d’Espagne. Entre interrogatoire musclé et carnaval, entre fusillade et Feria. Un combat de coqs en milieu de spectacle, à la fois symbolique, burlesque, violent et sensuel sera un bon résumé de cette pièce composite. Eduardo Guerrero et Moises Navarro, deux danseurs prodigieux bien que complètement opposés, entrent en scène dans en reproduisant la gestuelle du gallinacé. Puis l’imitation devient symbole et chorégraphie avec scène d’observation, combat et mise à mort. Si Eduardo Guerrero est un bailaor virtuose à la technique impeccable qui gagna toutes les ovations du public, Moises Navarro, plus intérieur, nous confie un flamenco intime très touchant et sincère.

Ici, la danse et la musique sont inventés pour porter la fable et non l’inverse. On est dans le spectaculaire, avec histoire, lumières et scénographie fouillée. Dans la première partie, les musiciens – l’incroyable guitariste Paco Jarana, les chanteurs José Valencia, Jeromo Segura et le formidable Enrique El Extremeno, tout en précision et en suavité – se retrouvent cachés derrière un tulle qui apparaît / disparaît en fonction des images mentales que se crée l’héroïne, ô combien incarnée par Yerbabuena elle-même.

Bien sur, certains puristes trouveront le flamenco dilué dans ces fariboles et surtout dans le mélange des genres. En effet, Yerbabuena danse un flamenco empreint de danse contemporaine et son braceo transcende totalement les genres. Étonnamment, la musique ne tend pas tant que cela vers le contemporain mais beaucoup plus vers les musiques actuelles. Jeromo Segura propose ici, comme dans ses disques, un chant abordable et facile, tirant presque vers la varietoche.

Mais la présence scénique et l’intelligence artistique de Yerbabuena permettent à toutes ces influences de se méler dans un spectacle fort, entre tradition et renouvellement, entre Histoire d’un pays et histoires intimes.

Bruno Paternot

Suivez le Festival flamenco de Nîmes 2013 avec notre dossier spécial : https://inferno-magazine.com/category/festival-flamenco-nimes-2013-2/

media_423_4080[1]

photos Jean-Louis Duzert

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives