« I AM NOT I », RETROSPECTIVE BORIS MIKHAILOV, MADRE NAPLES

boris-mikhailov-io-non-sono-io-al-madre-di-napoli

I AM NOT I, rétrospective Boris Mikhailov/ MADRE, Naples / 15 février 2016.

Le MADRE de Naples accueillait jusqu’au 15 février la rétrospective sur l’un des photographes les plus importants du siècle dernier. Y était présenté un parcours de 149 clichés de diverses séries photographiques de Mikhailov, entre l’autobiographie et des histoires d’humanité collective et universelle, entre la solitude et l’oppression sociale. L’exposition raconte la vie d’un homme et d’un pays qui ont fait face à la fois à un régime, celui soviétique, et à sa désintégration et dans les images duquel on retrouve l’écho du grand art européen, de la peinture baroque et de l’intérêt pour les «perdants» de la peinture et de la photographie du XIXe siècle.

Parmi les plus célèbres photos citons Yesterday Sandwich (1972-1975), Salt Lake (1986), By the ground (1991), Football (2000), Superimpositions from the 60/70 et The Wedding (2005), instantanés profondément amers et humains avec leur urgence, universelle et même spirituelle, témoignage de dignité personnelle et collective. «Je crois que le phénomène que je raconte au monde est, dans son essence, à la fois post-communiste et post-soviétique« , a déclaré Michailov, « La Russie a toujours été un lieu de cataclysmes sociaux et a continué à l’être, bien sûr, tout au long du XXe siècle. » La désintégration sociale qui suit la fin de l’Union soviétique devient dans les images de Mikhailov un concept universel capable de donner corps à la fragmentation de la vie contemporaine, divisée entre inclusion et exclusion, progrès et marginalisation, identité et éradication.

En I Am Not I, la série de 1992 qui donne son titre à la rétrospective, l’artiste se dépeint dans une séquence hilarante d’actions à la fois classique et moqueur: images qui ont fait scandale quand ils ont été initialement exposées, jusqu’à la fermeture de l’exposition par la police soviétique, mais qui nous donnent le portrait le plus authentique du photographe dans leur ironie poétique et sincérité radical. Dans cette série le corps est protagoniste symbolique, de la fugacité du temps qui tout pourrit. Avec ses clichés l’auteur, aux prises avec un gode en plastique, se moque de son corps, une amusante humiliation qui a la saveur de la sublimation, qui semble donner une image au poème homonyme de Jimenez: « Je ne suis pas moi, mais celui qui qui va à mes côtés sans le voir que parfois je vais voir et que parfois j’oublie […] Celui qui se promène où je ne suis pas, celui qui restera debout après ma mort« .

Daniele Ricci,
à Naples

Image copyright the artist

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • INFERNO RECRUTE SES CORRESPONDANTS EN MEDITERRANEE :

  • Allez :

  • HOMMAGE A MIKE KELLEY

  • UNTITLED FEMINIST SHOW / Young Jean Lee

  • PORTRAIT : STEVEN COHEN

  • SOPHIE CALLE : RACHEL, MONIQUE

  • ISTANBUL MODERN : VAPURS, BOSPHORE ET ART CONTEMPORAIN