NIDHAL CHAMECKH, « BURN ! » PRIMO MARELLA MILAN

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BURN! Metempsychosis, Nidhal Chamekh / Primo Marella Gallery / Jusqu’au 25 mars 2016.

La Primo Marella Gallery de Milan abrite depuis le 13 Fevrier la derniere œuvre du jeune artiste tunisien, invité pendant la 56ème Biennale Internationale d’art contemporain de Venise à exposer dans le prestigieux pavillon de l’Arsenal.

Chamekh avait salué l’Italie après avoir présenté à Venise son Anti-clock project, le projet de reproduire la ville de Tunis en la privant de l' »horloge » et de « la boule de la Cité de la cultures « , les deux symboles de la domination de l’ancien régime. Quelques mois après Milan présente Burn! Metempsychosis, et il n’est pas difficile de reconnaître sa touche: également un projet mixte de dessins et d’installations plastiques en apparence reliés sans horizon de sens, mais aussi un cri entier lancé contre la domination étrangère.

Protagonistes de l’exposition de Nidhal Chamekh sont la lutte et la mémoire, lutte qui revit dans une série de dessins rappelant les événements dramatiques qui ont secoué la Tunisie, dont la mémoire représente le seul instrument de guerre. Un exemple est la reproduction des trois photos de l’assassinat du jeune militant et poète Fadhel Sessi pendant les « émeutes du pain » en Tunisie en 1983.

L’auteur la présente comme ceci: «Les peuples et les civilisations ont coutume de brûler les corps de leurs morts […] Poèmes épiques et tragédies ne sont que les cendres de ce qui renaît et survit dans toute la civilisation qui a fondé l’histoire occidentale». En ce sens, un instantané sur la transmigration des âmes il la donne avec c, où est représenté une salle d’attente, probablement un centre d’accueil, submergée d’eau et enveloppée du silence morne d’un purgatoire auquel personne n’a encore réussi à avoir accès.

Chamekh met en scène la lutte pour la survie, pour un avenir meilleur, tout ce qui voudrait toujours être soustrait au peuple tunisien. Mais c’est surtout une lutte pour la mémoire, contre laquelle agit le temps, l’ennemi le plus insidieux. Comme les cendres des défunts laissent la trace du passage, la mémoire est une promesse de résistance. La métempsycose, le passage de l’âme d’un corps à l’autre est la survie de la mémoire entre les générations, la promesse de n’oublier pas les torts subis.

Au milieu de la salle, se détache la reproduction sculpturale de Hannibal. Le regard du commandant vient de loin, bien sûr de la Tunisie où il naquit, mais aussi de la Syrie où, avant de se suicider, il avait continué à organiser par tous les moyens sa guerre contre Rome.

Le sourire sarcastique d’Hannibal a le ton d’un sévère avertissement et la saveur d’une future et inattendue vengeance. Le sourire du Scipionis établit une rélation triangulaire entre les œuvres présentées à l’exposition , donnant une profondeur historique au présent désolant du centre d’accueil et de la guerre civile tunisienne.

Rome était l’empire, il est l’Europe. Cette référence àla haine mise en scène au Primo Marella Gallery est rapidement éclaircie par l’installation au néon bleu et rouge sur laquelle se trouve l’inscription en arabe: « France, tu m’as maltraité. » Burn!, inscription également reproduite au néon, est installée sur le fond d’un aquarium, et il semble la promesse d’un renaissance est aussi une malédiction jetée par le dernier souffle sous-marin.

Daniele Ricci,
à Milan

Chamekh dessin

Copyright the artist

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