PARIS ART FAIR, CARAMBOLAGES, DEUX SORTIES SOUS LA PLUIE…

Jeune femme au lapin qui boit du the

Art Fair Paris, 31 mars-3 Avril / Carambolages du 2 mars au 4 juillet 2016.

Au grand Palais, sous la verrière une éniène foire d’art s’est s’achevée. 5 jours d’effervescence: 143 galeries, 22 pays, un focus sur la Corée. Une foire aérée, dont la dimension se rapproche plus du salon d’ Art|genève que du blockbuster Art Basel, Des à côtés comme « L’homme debout » au Palais Royal, plutôt mieux qu’à la FIAC dont les installations au jardins des Tuileries sont de plus en plus souvent affligeantes (presque autant les oeuvres que leur mise en scène, ou plutôt absence de mise en scène). Une petite foire, très agréable à visiter, pleine de jolies choses à voir.

Du beau, du bon, du ludique… Quelques moments de détente dans ce monde de brutes. Rien qui arrache, mais des oeuvres soignées, des accrochages souvent restreints à deux voire 3 artistes par galerie offrant une cohérence bienvenue dans ce grand shopping mall éphémère sous verrière. Certaines galeries font sensation: ainsi l’accrochage tendance cabinet de curiosité de la School Gallery /Olivier Castaing (Paris) avec les oeuvres de Caron et Bachelot et Sacha Goldberger, ou encore le mélange design et peinture à la galerie Mazel (Bruxelles) . Virtuosité, technique et technologie… Notamment avec les artistes asiatiques, passés maîtres dans la production de paysages monumentaux qu’ils soient naturels, urbains ou hybrides à l’image de leur société. Des artistes asiatiques, coréens à l’honneur bien sûr mais aussi de vietnamiens, dont on peut dire qu’ils se comptent encore sur les doigts d’une main mais qu’ils seront de la prochaine vague. La galerie A2Z (Paris) mise avec enthousiasme sur ces artistes avec Hom Nguyen à l’honneur, prochainement au palais de Tokyo.

De beaux paysages, forêts de bouleaux chez Fred Lanzenberg (Bruxelles) faune ou flore marine chez Jankossen (Bâle) réminiscence ou nostalgie; des lieux vide d’humains « small boxes » de Ron Haselden (Galerie des petites Carreaux) … Sur deux côtés de la nef, trois projets réalisées pour la foire. La série « chiens errants et naufrage » d’Emmanuel Regent proposée par la galerie Caroline Smulders; de très grand dessins réalisés au feutre noir, des images d’archives, des constats d’actualités sombres et silencieuses. Suit une belle série de dessin-calligraphie de Dia Al- Azzawi, « poèmes suspendus », interprétations graphiques d’odes préislamiques, à la fois sobres et éloquentes enluminures contemporaines. A l’opposé, Erro couvre un mur de super héroines , femme fatales et colorées pleines d’énergie, prêtes à l’action. De manière générale, toutes références à la religion, à la guerre ou la mort sont sous contrôle. Rien de trash, ou dehors, sous la pluie, dans le métro et les infos. Ici c’est calme (relatif), champagne et volupté.

Par une porte latérale du Grand Palais, on accède à « Carambolages », du commissaire d’exposition Jean-Hubert Martin. « Carambolages », c’est 185 œuvres d’art d’époques, de styles et de pays différents, agencées selon un parcours où chaque œuvre induit la suivante par association d’idée ou de forme, parfois très évidente (trop ?) souvent de manière amusante et/ou poétique. Peinture, sculpture, installation, jeux visuels et correspondances. Gloria Friedman présente  » Painting as a Pastime » : trois paysages signés respectivement Churchill, Eisenhower et Hitler…. On rigole puis on reste songeur. Des fétiches, des illustrations morphologiques, des armures, des parures…des objets insolites: du sarcophage de musaraigne à la sculpture de chat contemporaine , de la doudoune translucide aux pantoufles à griffes.. ( il manque juste une tasse à fourrure …) lequel est ancien, lequel contemporain? Voilà ce qu’induisent de telles associations, et ces téléscopages temporels, matériels et culturels vivifient le regard et nourrissent l’esprit éclectique. Un seul regret dans cette exposition: l’éclairage, sans doute respectueux des oeuvres mais d’une certaine tristesse surtout après les feux de la Foire. Alors, au sortir de l’une passer à l’autre et inversement voilà qui donne de la perspective à l’art contemporain.

Ildiko Dao,
correspondante genevoise à Paris, sous la pluie.

Image: « Jeune femme au lapin qui boit du thé ». série Supers Flamands, 2014 ©Sacha Goldberger – courtesy School Gallery / Olivier Castaing.

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