CORRINE ET NICHOLAS PETTIT ROCHET, « KALEOS » : LES QUATRE GRÂCES

Lausanne, envoyé spécial.
KALEOS – Installation chorégraphique – Concept et chorégraphie Corinne et Nicholas Pettit Rochet – Danseuses Lucille Mansas, Marie Viennot, Léna Schattenberg et Maëlle Desclaux – DU SA 11 AU DI 19 MARS 2017 – L’Arsenic Lausanne.

Les quatre grâces.

Après leur duo Morphose, fragile et léger comme du papier froissé, voici que Corinne et Nicholas Pettit Rochet s’offrent le plaisir d’un KALEOS qui suspend le temps.

Dans une salle de l’Arsenic de Lausanne qui accueille la première du spectacle, on entre sans chaussure, sans manteau, sans sac et surtout sans portable pour voyager un peu au pays multiforme de ce Kaleos particulièrement réussi.

Tapis blanc, plantes vertes au sol, coussins taupe et petits tabourets blancs, les quatre danseuses sont déjà en place. Elles sont longilignes, la peau blanche, presque translucide, comme des animaux aquatiques des très fond marins. Seins nus, petite culotte chaire, elles vont circuler dans l’espace, autour des spectateurs qui sont disséminés dans la salle. Ils vont ainsi ne rien louper de toute la grâce que vont déployer les danseuses à créer des images en courant après des formes où le torse se vrille dans un mouvement de bras qui plonge au loin sans que pour autant les pieds ne bougent.

Quelques belles images inondent la scène. On pense à des photos de David Hamilton. On pense aussi à certaines peintures de femmes de Klimt ou encore au « printemps » de Botticelli.

Si la surprise vient de cette danse en apesanteur, très retenue, belle dans ce qu’elle apporte de pure, le son nous arrive par de petites enceintes qui concourent à la qualité de l’œuvre dans le sens ou le son venant du sol pour monter dans les ceintres du studio nous enveloppe littéralement et tout nous apparaît limpide et clair, même ces morceaux crachés, triturés de bruits donnent cette idée de profondeur.

La lumière de Pablo Weber, imaginée comme celle d’un kaléidoscope, faite de brillances superposées, mis bleue mis rouge offrant un violet rare et des verts sans pareil apporte ce côté pictural à la pièce.

Il y a bien de la contemplation dans cette pièce. Une proposition vue du sol – rare en danse – avec des danseuses si proches, qui assurent de savants portés au-dessus du public pour mieux lui faire sentir leur modestie face à ce monde des éléments convoqués par les deux chorégraphes.

On rêve de cette pièce dans des musées, des bibliothèques, le dispositif léger offre de multiples possibilités… il est urgent de sens saisir pour passer un Kaléos moment de danse…

Emmanuel Serafini
Envoyé spécial

SA 11, DI 12, SA 18, DI 19 à 16h et 18H
MA 14, JE 16, VE 17 à 19H et 21H
ME 15 à 18H et 21H

Advertisements

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • INFERNO RECRUTE SES CORRESPONDANTS EN MEDITERRANEE :

  • Allez :

  • HOMMAGE A MIKE KELLEY

  • UNTITLED FEMINIST SHOW / Young Jean Lee

  • PORTRAIT : STEVEN COHEN

  • SOPHIE CALLE : RACHEL, MONIQUE

  • ISTANBUL MODERN : VAPURS, BOSPHORE ET ART CONTEMPORAIN