FESTIVAL D’AVIGNON : AMBRA SENATORE, « SCENA MADRE »… CLUEDO.

71e FESTIVAL D’AVIGNON : Ambra Senatore – « Scena Madre » – Gymnase du Lycée St Joseph. – 7, 8, 9, 11, 12, 13 juillet.

Cluedo.

Avec Scena Madre, la toute nouvelle directrice du Centre Chorégraphique National de Nantes signe un septuor efficace , léger et frivole, comme elle sait le faire.

Pour ceux qui ne connaissent pas Ambra Senatore, avec cette pièce, ils rattrapent leur retard car tout y est de la folie douce de cette danseuse, chorégraphe italienne qui a surement des liens de parenté avec Jacques Tati, qu’elle a sans doute vu et avec lequel elle partage ce sens du comique de situations, ces instants de quotidiens qui répétés, détournés font rire et sourire.

Il faut dire que dans cette pièce particulièrement Hitchcockienne, même, Aghatha Christie n’y retrouverait pas ses petits… La chorégraphe a tellement imbriqué, coupé, découpé l’histoire que plus rien ne tient la route ce qui lui permet de nous mener en bateau et on aime bien ça, jusqu’à une certaine limite…

Le principal effort de cette nouvelle création est de laisser monter lentement l’intrigue… pour finir en apothéose et ce n’est pas toujours le cas car, parfois, Ambra Senatore démarre sur les chapeaux de roues ce qui l’empêche souvent de développer l’action qui sature très vite… Là, tout est calme, et quiétude. Elle pose les fondations. Cela semble sage, entendu, presque convenu et puis une bonne tape dans le dos plus tard tout s’écroule, les uns se substituent aux autres, les scènes sont rejouées, remises en place, ça tangue, et voilà…

La danse est fine et ciselée, comme si elle n’existait pas. La parole multilingue fuse de la bouche des interprètes qui ne jouent pas faux, tant mieux. Bien sûr « l’odeur du cigare » trahit toujours Spencer… il manque un tableau quelque part et malgré les efforts des danseurs, le public regarde toujours face à lui. Belle métaphore de la représentation et du jeu auquel souhaite nous voir nous livrer Ambra Senatore… Les phobies aux lézards, les tics de modernités bio, les portes battantes des westerns tout sert de prétexte à des scènes parfois très drôles.

Voilà, c’est dit « le tableau est la solution à tout »… ce spectacle ambiance Cluédo se regarde sans façon. Il est porteur d’une légèreté comme celle qu’a toujours voulue la chorégraphe qui vient poser ici sa petite musique. Un été en pente douce, évidemment !

Emmanuel Serafini

Photo Bastien Capela

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