FESTIVAL D’AVIGNON : L’EUROPE QUI S’ESSOUFFLE DU BIRGIT ENSEMBLE… COMME LE PUBLIC

71e Festival d’Avignon : Birgit Ensemble – Memories of Sarajevo à 17h / Dans les ruines d’Athènes à 20h30 – Gymnase Paul Giéra les 11, 13, 14 et 15 juillet.

Une Europe qui s’essouffle, comme le public durant ces deux volets.

Le très attendu Birgit Ensemble, composé par Jade Herbulot et Julie Bertin, propose un réveil des mémoires collectives et individuelles dans une tétralogie intitulée « Europe, mon amour ». Deux volets ont déjà vu le jour: « Berliner Mauser: vestiges » et « Pour un prélude ». Invitées au Festival d’Avignon pour la première fois, elles présentent : « Memories of Sarajevo » et « Dans les ruines d’Athènes ».

Un parcours fulgurant : leur premier volet autour de la chute du mur de Berlin « Berliner Mauser: vestiges » est écrit pendant leur dernière année au conservatoire. La pièce ayant connu un vif succès, elles décident de poursuivre l’aventure européenne et remonte dans leurs recherches jusqu’en 1945.

« Memories of Sarajevo »

Une salle comble attend le plateau des Birgit Ensemble, ce 9 juillet à 17h. Les comédiens entrent sur une scène érigée à 2m50, en métaphore à une classe dirigeante. Le traité de Maastricht est signé, les douze signataires de cette nouvelle Europe se félicitent et se promettent un bel avenir, sur fond d' »Hymne à la joie » revisité pour l’occasion. Mais ce traité de Maastricht fut vite entaché par le Siège de Sarajevo et le début d’une guerre civile.

« Dans les ruines d’Athènes »

Un facteur temps (2h20 chacun) et une scénographie identique. Le public retrouve ici aussi une scène surélevée où se rejoignent Papandréou, Merkel, Sarkozy puis Hollande ou encore DSK puis Lagarde etc. Il y est question de la dette grecque… En bas, un « Parthénon story » enferme et visionne six candidats dont le vainqueur du jeu se verra acquitté de sa dette. Le public vote via une plateforme interactive et rit tant la caricature des présentateurs et des candidats est là, cynique.

Dans ces deux volets, la partie politique est très bien expliquée. Ceux qui n’ont pas tout compris au siège de Sarajevo en ressortiront éclairés. Quant à la dette grecque, toujours d’actualité, elle présente moins d’intérêt sauf pour l’ironie des comédiens et le jeu magnifique d’une Angela Merkel pétillante, forcément ! Les scènes entrecoupées par « le peuple » dans les deux volets s’essoufflent vite. Dans le premier, il ne nous apprend rien sur les conditions de vie d’un pays en guerre et dans le deuxième car le public peut vite se sentir pris en otage d’un jeu de télé réalité qui devient peu à peu irritant.

Dommage, car le fond y est : écriture, scénographie, jeu d’acteur, humour, satire, points de vue multiples et donc intéressants. Le tout aurait pu tenir dans un format plus court pour éviter l’évanouissement de certains tableaux.

Audrey Scotto

« Memories of Sarajevo » – Photo Christophe Raynaud De Lage

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