FABIAN KNECHT, « SEKTION », GALERIE CHRISTOPHE GAILLARD PARIS

FABIAN KNECHT // SEKTION – Galerie Christophe Gaillard Paris – Dec. 1 -> Jan. 13, 2018 – Vernissage vendredi 1 décembre, 18 – 21h

Fabian Knecht construit des gestes. Entre l’activité tendue vers la finalité à atteindre et l’irruption spontanée venant trouer la trame du temps, le paradoxe saute aux yeux. Les temporalités, les catégories logiques s’entrechoquent rien qu’à l’énoncer : construire des gestes est un oxymore. Tout au plus pourrait-on affûter ses facultés, exercer certaines compétences en vue de préparer le terrain d’inscription d’une série de gestes potentiels à venir. Pour comprendre le mode opératoire de l’artiste, il n’en faut pas moins passer par là ; embrasser l’oxymore et se défaire comme d’un vêtement superflu de ses paisibles prétentions à ordonner le langage. Chez Fabian Knecht, la mise est tout entière placée sur l’occurrence unique, co-extensible à l’espace-temps particulier qui l’accueille. Le titre protocolaire qu’il se plaît habituellement à donner à ses œuvres l’annonce déjà en toutes lettres : chacune porte ainsi le nom d’une action, le suffixe allemand « -ung » indiquant qu’il s’agit du processus et non de la chose en soi. Les actions effectuées par l’artiste sont souvent simples (un geste, donc), aussi expansive que puisse être leur manifestation. Tout en n’illustrant ou ne déclamant rien, elles n’en viennent pas moins reprogrammer le réel.

Pour « SEKTION », son exposition personnelle à la galerie Christophe Gaillard, Fabian Knecht a choisi de réunir
quatre gestes. S’il précise que chacun pourrait potentiellement faire l’objet d’une présentation monographique, les
œuvres exposées ont en commun de venir mettre en péril la superstructure de l’art. Ce n’est alors pas tant l’activité de production d’images, de formes ou de signes qui est ici prise pour sujet que les conditions de l’apparaître même ; à savoir le réseau intriqué de rapports historiques, économiques et sociaux qui, ensemble, définissent cette réalité alternative appelée art. A commencer par le white-cube, cette prise en otage du sensible, convention de présentation consistant à extraire les artefacts présentés de leur milieu de production et d’apparition. Avec ISOLATION (Eismeer), l’artiste se propose alors d’inverser le processus : non pas ramener le contenu dans le contenant artistique, mais au contraire installer directement le contenant en pleine nature et élever son contenu au rang d’œuvre d’art. Le whitecube devient sculpture, et la nature environnante son socle. En guise de propédeutique, l’artiste présente dans la première salle la quatrième occurrence de l’intervention, ici installée sur la mer gelée du Japon à Vladivostok en Russie, qu’il documente au moyen de photographies grand format et d’un display permettant de suivre les étapes matérielles de l’élaboration de l’œuvre.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • INFERNO RECRUTE SES CORRESPONDANTS EN MEDITERRANEE :

  • Allez :

  • HOMMAGE A MIKE KELLEY

  • UNTITLED FEMINIST SHOW / Young Jean Lee

  • PORTRAIT : STEVEN COHEN

  • SOPHIE CALLE : RACHEL, MONIQUE

  • ISTANBUL MODERN : VAPURS, BOSPHORE ET ART CONTEMPORAIN