ADEL ABDESSEMED, « L’ANTIDOTE » : EXPOSITION ET POLEMIQUE AU MAC LYON

ADEL ABDESSEMED, « L’ANTIDOTE » – MAC, Lyon – Jusqu’au 8 juillet 2018.

L’exposition : Sur deux étages du musée, Adel Abdessemed présente des œuvres inédites en France et de nouvelles créations, dont celle qui donne son titre à l’exposition : L’antidote.

Né en 1971 à Constantine (Algérie), Adel Abdessemed vit et travaille à Paris et Londres. Il est connu pour ses œuvres fortes, en phase avec le flux d’images et la tension du monde actuel. Défiant les tabous, puisant parfois ses références dans la littérature ou les œuvres anciennes, Adel Abdessemed joue avec les matériaux (barbelés, dynamite, résine de cannabis, marbre…) pour inventer à travers ses installations, sculptures et vidéos sa propre écriture de la violence. Des œuvres « coup de poing », jusqu’au fameux « Coup de tête » de Zidane à Materazzi figé dans le bronze. (communiqué)

La polémique : Peu après l’ouverture le 8 mars de l’exposition au Musée d’Art Contemporain de Lyon, une vidéo intitulée « Printemps », mettant en scène des poulets en train de brûler a semble t-il perturbé un pauvre être sensible plus ou moins sympathisant de la ligue soi-disant pro-animale PETA* qui s’est empressé de relayer son « indignation » sur la toile, suscitant une avalanche de haine anti Abdessemed et faisant la joie des médias qui ne se sont pas privés d’amplifier la « polémique » : résultat, l’artiste et le musée ont décidé de retirer cette oeuvre très forte, ce que nous ne pouvons que déplorer.

Soulignons que cette oeuvre vidéo est un montage utilisant un trucage inoffensif, largement connu des techniciens du cinéma. Les volatiles n’ont aucunement souffert de cette « mise à feu » virtuelle, qui renvoie d’ailleurs à l’oeuvre emblématique d’Abdessemed qui utilise le même trucage, « Je suis innocent », dans laquelle c’est le propre corps de l’artiste qui s’enflamme… Enfin, l’artiste est lui-même un ardent défenseur de la cause animale, mais il le fait avec brio, intelligence et subtilité, au contraire de ses actuels détracteurs, qui n’y ont vu que… du feu.

Pourquoi se coucher ainsi devant une obscure secte fascisante qui se permet de décider ce qui est « moral » ou pas dans une oeuvre d’art ? De quel droit une bande d’illuminés soi-disant défenseurs de la cause animale se permettent-ils de se livrer à la censure artistique ? Ces mêmes auraient sans doute en leur temps hurlé devant la performance du coyotte de Beuys ou les chevaux de Kounellis…

« Printemps » est une oeuvre forte qu’il convient de regarder et regarder encore. Le MAC s’est fendu d’un communiqué qui critique cette escalade délirante : « Malgré les informations qui ont été communiquées sur les conditions réelles de la réalisation de l’œuvre, les réseaux sociaux puis la presse se sont déchainées sur la base d’informations lacunaires et de fait trompeuses« … Soit. Il aurait mieux fait de résister à la pression nauséabonde de ces ligues animales, souvent proches de l’extrême-droite et des courants cathos ultras, plutôt qu’ainsi s’auto-censurer au prétexte d’une polémique qui n’a pas lieu d’être.

Quand l’art s’auto-censure, on est en droit de se demander s’il s’agit encore d’art…

Marc Roudier

* PETA est une organisation internationale à caractère sectaire aux financements obscurs, présente sur tous les continents dont de nombreux paradis fiscaux, qui revendique un véganisme pur et dur dont elle est la prosélyte acharnée (ce en quoi elle est particulièrement dangereuse pour de jeunes esprits influençables). PETA fait montre d’un activisme débridé qui se manifeste contre tout et n’importe quoi dès lors qu’il s’agit de la « cause animale », en s’illustrant par exemple régulièrement dans la gesticulation anti-corrida (un autre art qu’elle pourfend malgré son statut de patrimoine mondial de l’humanité) et autres pitoyables pitreries, qui prêteraient à sourire si elles ne procédaient d’une stratégie de lobbying tentaculaire propre à étendre son influence et à recruter de plus en plus d’adhérents aveugles à la dangerosité de son emprise, exactement ce qui caractérise une secte. A quand une enquête sérieuse sur cette entreprise sectaire déguisée en gentille association, maintes fois signalée auprès des services gouvernementaux, fisc compris ?

Lire aussi sur INFERNO : https://inferno-magazine.com/2012/11/04/je-suis-innocent-abdel-abdessemed-artiste-des-actes/

Images : extrait de la vidéo « Printemps » / vues de l’exposition au MAC Lyon / « Je suis innocent », 2012 / Kounellis, installation au MOMA New York. Copyright Adel Abdessemed / MAC Lyon et succession Janis Kounellis.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • INFERNO RECRUTE SES CORRESPONDANTS EN MEDITERRANEE :

  • Allez :

  • HOMMAGE A MIKE KELLEY

  • UNTITLED FEMINIST SHOW / Young Jean Lee

  • PORTRAIT : STEVEN COHEN

  • SOPHIE CALLE : RACHEL, MONIQUE

  • ISTANBUL MODERN : VAPURS, BOSPHORE ET ART CONTEMPORAIN