FESTIVAL D’AVIGNON : « LAAROUSSA QUARTET », CORPS CONTRAINTS POUR GESTES ECRITS

79e FESTIVAL D’AVIGNON. « Laaroussa Quartet » – Selma et Sofiane Ouissi – La FabricA – 6, 7 et 8 juillet 2025 à 19h.

Corps contraints pour gestes écrits…

On allait avec une saine curiosité découvrir le travail de Selma et Sofiane Ouissi qui présentaient à la FabricA leur Laaroussa Quartet… Et c’est une déception…

Les deux artistes se sont donc rendus à Sejane dans le nord de la Tunisie pour rencontrer des femmes potières, une tradition ancestrale qu’elles se passent de mères en filles…

Sur la scène, un tapis de sol noir, plateau nu, un écran s’étire tout le long, à quelques centimètres, un grand rectangle noir qui servira de banc, de cachette pour des objets… à cour au sol est posé un violon… On y voit se déposer des feuilles de partition, chacune des danseuses apporte les siennes et les disposent à leurs emplacements…

Passe une chanson, « que grave dans l’éternité ce que le temps voudrait emporter, puis on regarde un film, le chemin qui mène au village sans doute… et quelques phrases émergent en arabes et suivent des gestes, petit accent avec les poignets, puis, au fur et à mesure ces gestes – écrits sur la partition – vont être répétés par les danseuses qui sont bien appliquées à les reproduire, les faire, les répéter… c’est une recherche aride, assez centrée, sans grande empathie avec l’extérieur, notamment le public qui se sent un peu exclu de cette démarche… ce qui nous fait sortir petit à petit du projet…

Et puis on lit le programme sur lequel il est écrit « un corps libre qui invente son propre geste » et là, on n’est pas d’accord… les corps sans cesse assis, parfois de dos à nous, sont donc extrêmement contraints par leur position, par leur place et ils bougent rarement. Le geste n’est ni propre ni inventé puisqu’il est exécuté par des artisanes qui ont servi de base à la notation, d’ailleurs on le voit dans le film final, ces femmes façonnant ces « Laaroussa », ces petites poupées d’argiles, tels les aveugles, se palpant le visage pour parfaire les traits de leurs futurs sujets…

L’ensemble est donc très confus, très long… Si la musique et les sons ont quelque chose de touchant et prenant, l’ensemble reste poussif et laborieux… On sort de là en ayant l’impression d’avoir raté le train du voyage.

Emmanuel Serafini

Photo C. Raynaud De Lage / Festival d’Avignon

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